adoptée le 1 septembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s extraordinaire de l’UNES a Zurich

Une haute école, en tant que lieu dédié à la recherche et à l’enseignement scientifique, est toujours une institution sociale. Une haute école doit être ancrée dans la société afin de jouir de la confiance et du soutien dont ont besoin la science et la formation pour s’épanouir, pour faire profiter la société de ses découvertes et afin qu’elle se développe. La société porte la responsabilité de la haute école, mais doit lui laisser la possibilité de s’organiser elle-même.

Le dogme du New Public Management, souvent cité par les pouvoirs publics en lien avec la privatisation, exige une indépendance de la haute école de façon à ce que des principes de gestion orientés vers le marché puissent être appliqués. Les hautes écoles sont considérées comme des entreprises et les recteur-trice-s se voient eux/elles-mêmes comme des PDGs[1]. La haute école s’oriente par rapport aux rankings, aux besoins de l’économie et à la valeur des étudiant-e-s sur le marché du travail, au lieu de la reconnaissance scientifique et des intérêts de la société. Des organes de gestion, disposant d’un très haut pouvoir de décision sur la haute école, sont mis en place à cette fin. Sans la garantie de la participation estudiantine et de tous les autres membres de la haute école, les décisions quant au futur et au développement de la haute école se prennent au final à huis clos par un petit groupe de représentant-e-s de la politique, de l’économie, de la société et de la culture. Ces représentant-e-s n’ont pas forcément un lien direct avec la haute école ou la science, au contraire, c’est surtout le fait qu’ils/elles n’aient aucune attache avec la haute école qui les qualifie légitimement pour ce genre de mandat.

Les hautes écoles suisses sont de plus en plus dirigées par de tels organes et selon les principes du New Public Management. Ces organes sont réputés être les plus hautes instances de décision dans les hautes écoles et décident de façon autonome sur l’organisation, la politique du personnel, le financement comme c’est le cas, par exemple, pour le Conseil de l’Université de Bâle. Ils demandent des restrictions d’accès et décident d’augmentations de taxes d’études, comme c’est le cas pour le Conseil de l‘Université de Zurich. La démocratie et la participation dans les hautes écoles se perdent au profit d’une orientation vers l’économie, la marchandisation du paysage des hautes écoles, et cette réorientation est dès lors ancrée dans les structures mêmes des institutions. On s’éloigne d’une idée d’autonomie et d’autogestion pour arriver à un système top-down qui provoque la dépendance et l’incertitude pour les hautes écoles et leurs filières.

La recherche critique et l’enseignement ont besoin d’indépendance, afin de pouvoir influencer la société sans pressions économiques et politiques. Une vraie indépendance de la science ne signifie pas pour autant que des décisions puissent être prises sans un processus démocratique incluant toutes les personnes concernées. L’énorme bénéfice d’une véritable communauté dans les hautes écoles travaillant ensemble pour garantir des formations poussées et une recherche de qualité ne peut être atteint que si toutes les personnes concernées prennent part aux processus de décisions.[2]

L’Union des étudiant-e-s de Suisse exige dès lors un renforcement de l’autonomie démocratique et participative des hautes écoles, au lieu de d’une dépendance à des facteurs externes (et surtout économiques). Nous demandons à ce que tous les membres des établissements supérieurs, notamment les étudiant-e-s, participent de façon paritaire au processus de prise de décision, et que celui-ci ne soit pas mené par des tiers, de façon non-démocratique. Nous exigeons pour les hautes écoles une vraie autonomie avec une participation de toutes les personnes concernées au lieu d’un New Public Management.


[1] Voir Antonio Loprieno, Recteur de l’université de Bâle, dans le NZZ Campus: http://www.nzz.ch/magazin/campus/studium/harmonisch-leidenschaftlich-oder-heftig_1.16428802.html

[2] Voir aussi les Perspectives 2007, publiées par l’UNES, avril 2003, Berne.

adoptée le 1 septembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s extraordinaire de l’UNES a ZurichL’UNES s’attend à ce que les petits plats soient mis dans les grands afin de parvenir rapidement à la réelle promesse d’implication des étudiant-e-s et autres partis prenantes des hautes écoles dans l’assurance qualité et l’accréditation de la formation supérieure. En effet, cette promesse, mangée comme tant d’autres à la sauce bolognaise depuis longtemps, ne fait toujours pas l’objet d’une compréhension partagée et acceptée parmi les acteurs et actrices de la formation supérieure en Suisse. La thématique de l’assurance qualité dans la formation supérieure a pourtant acquis une place au soleil puisque les articles de cette pas encore en vigueur loi sur la coordination et l’encouragement dans le domaine des hautes écoles en font mention.

Se mettre d’accord sur les buts et la portée de cette assurance de la qualité va devenir une priorité dans les discussions qui vont être menées et l’UNES invite les hautes écoles et les organes respectifs de coordination au niveau national à les mener conjointement et avec le concours des étudiant-e-s. En effet, les doublons dans les concepts et les procédures d’assurance qualité pourront être supprimés puisque les dispositions relatives aux standards seront édictées par un seul et même organe : le futur Conseil des hautes écoles, dans lequel la voix des étudiant-e-s n’a malheureusement qu’une valeur consultative. L’UNES demande que cela soit changé et que les représentant-e-s étudiant-e-s aient aussi le droit de vote. En attendant, les travaux vont se poursuivre sous différentes bannières – celle des lignes directrices de la Conférence universitaire suisse pour les Universités et Ecoles polytechniques fédérales et celle de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie en ce qui concerne les hautes écoles spécialisées – mais il y a lieu de mener des dialogues communs, de faire des efforts de coordination entre les différents types de hautes écoles et de tirer le bilan de différents processus conduits ces dernières années tout en respectant le principe de l’autonomie des hautes écoles dans la définition et l’application de leur système d’assurance de la qualité. Les expériences faites dans le domaine des accréditations de programmes, principalement au niveau des hautes écoles spécialisées, et celles des audits de la qualité, en ce qui concerne les hautes écoles universitaires, pourront servir de base au Conseil d’accréditation pour ses travaux préparatoires. L’UNES reconnaît ce dernier comme organe clé et souhaiterait que la participation des étudiant-e-s qui est ancrée dans sa composition prenne réellement au sérieux les intérêts des étudiant-e-s. De ce fait, nous nous attendons à ce que plusieurs sièges soient accordés aux représentant-e-s étudiant-e-s de l’UNES dans le futur Conseil d’accréditation afin de rendre réalisable, réaliste et effective une participation de qualité pour les étudiant-e-s ! Garantir un droit de participation approprié aux personnes relevant de l’institution constituera une condition sine qua non pour l’accréditation des institutions, tout comme la nécessité, pour elles, de promouvoir l’égalité des chances et l’égalité dans les faits entre les hommes et les femmes. L’UNES se reconnaît dans ces buts et conditions de l’assurance qualité mais pense également que du chemin reste à faire pour que la reconnaissance et la prise au sérieux de ces droits de participation soient réellement reconnus par les hautes écoles et les acteurs/-trices de la formation. Sur le plan national, l’inclusion désormais systématique d’un-e étudiant-e formé-e et membre du pool d’accréditation estudiantin dans le groupe d’expert-e-s pour la phase d’évaluation externe lors des accréditations et des audits, notre présence dans le réseau qualité des hautes écoles universitaires et notre implication à venir dans les organes de gouvernance de l’agence d’accréditation nationale constituent des grandes avancées et laissent réellement espérer l’UNES et ses sections. Dans les faits, l’UNES s’est toujours prononcée en faveur d’une réelle démocratisation des hautes écoles et de la possibilité de la codécision par les personnes relevant de l’institution qui se trouve être le moyen par excellence pour consolider la confiance des acteurs/-trices qui sont lié-e-s à la formation et à la recherche. L’assurance qualité puise également toute sa légitimité et sa raison d’être là-dedans. Nous estimons toutefois qu’il est temps de faire encore un pas de plus afin de promouvoir la participation et l’implication des acteurs/-trices concerné-e-s en particulier dans les structures de l’assurance qualité interne. Pour ce faire, il est avant tout urgent de s’accorder sur les bases de cette participation, sur la collaboration qui en résulte entre les différents groupes de membres au sein de la haute école et d’en accepter les conséquences. Cela signifie également que l’évaluation de la qualité et de son système d’assurance dans une haute école peut faire émerger des visions critiques, des opinions déviantes de la majorité mais également de nouvelles propositions et des buts d’amélioration à long terme, ce qui se trouve justement être l’objectif vers lequel doit tendre l’assurance de la qualité. Il est nécessaire de reconnaître ces conséquences ou alors il faout douter l’entier système de l’assurance de la qualité. Réduire la participation à la possibilité de s’exprimer au sujet du système d’assurance qualité n’est pas suffisant pour réaliser pleinement ce qui est entendu par « prévoir un rôle pour les étudiant-e-s et les autres parties intéressé-e-s »[1]. Pour l’UNES et ses sections, il est clair qu’une implication plus large, plus proactive, voire plus conséquente est la seule possibilité pour réellement reconnaître la participation et l’engagement des étudiant-e-s pour leur haute école. L’UNES revendique la prise au sérieux et la planification soignée de la participation des étudiant-e-s dans les audits qualité des hautes écoles universitaires à venir en particulier en laissant la possibilité aux organisations estudiantines des universités et des écoles polytechniques fédérales de collaborer activement dans l’auto-évaluation de leur institution, de prendre position sur les résultats des travaux d’auto-évaluation de leur institution et en se tenant à disposition pour un échange critique et constructif avec le groupe d’expert-e-s externes. En définitive, nous réaffirmons que la qualité de l’assurance de la qualité se mesure à la qualité de la participation !


[1]     Standard 1.1 European Standards and Guidelines for Quality Assurance in the European Higher Education Area, ENQA, Helsinki, 2005.

adoptée le 1 septembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s extraordinaire de l’UNES a Zurich

Dans le cadre de la Réforme de Bologne, la notion d’employabilité, entre autre, a fait son apparition. L’ « employabilité » est un concept difficile à définir. Il signifie plus que la simple accession au marché du travail. Il s’agit de le considérer comme un des buts de l’université et peut aussi bien décrire le développement de compétences académiques que le développement de compétences relatives aux chances d’obtenir un emploi sur le marché du travail.

La European Higher Education Area (EHEA) considère l’employabilité comme l’un de ses buts les plus importants et comme une priorité pour les hautes écoles. Elle est décrite comme suit: « ability to gain initial employment, to maintain employment, and to be able to move around within the labour market ».

Bien que la volonté de la majorité des étudiant-e-s ait toujours été de s’intégrer dans le marché du travail après les études, et qu’ainsi la notion d’employabilité ait toujours intrinsèquement existé, les changements amenés par la Réforme de Bologne ont accentué les réflexions autour de cette notion. Cette tendance pose la question fondamentale du lien de plus en plus fort entre le monde académique et économique.

L’UNES sait que les diplômé-e-s des hautes écoles seront exposé-e-s au marché du travail après avoir fini leurs études et devront se pencher sur ses conditions et exigences. L’UNES est consciente que l’« accession au marché du travail » doit être regardée de manière différenciée. Ainsi les rôles des cursus d’études en lettres par rapport aux cursus d’études techniques ou de médecine ainsi que les cursus d’études des HES se différencient.

En revanche, il n’est pas clair ce que signifie réellement l’aspect de la qualification professionnelle sur le marché du travail en lien avec la formation tertiaire et si la qualification peut être un critère applicable pour définir la qualité des formations, définir les buts d’apprentissages, garantir la liberté dans le choix de la formation, etc. La question fondamentale des compétences acquises lors d’études dans une haute école ne peut trouver comme unique réponse la compatibilité totale avec les besoins du marché. Dans ce contexte, la réforme des hautes écoles joue un rôle important.

L’implémentation du système de Bologne est problématique dans toute l’Europe. Beaucoup de buts de la réforme n’ont pas été atteints ou ont été modifiés en cours de route et chaque pays les a interprétés à sa guise, ce qui rend une harmonisation internationale impossible en l’état. Au lieu d’abattre des obstacles, on en a érigé de nouveaux. En Suisse, le passage au système Bachelor-Master s’est souvent borné à une division en deux parties des cursus d’études existants. Une modularisation sensée et centrée sur les étudiant-e-s des cursus reste à mettre en œuvre. Ces circonstances renforcent la position critique et négative de l’UNES par rapport à cette réforme.

L’employabilité est de plus en plus considérée comme un critère pour un bon enseignement de qualité et comme un facteur décisif pour le financement par la main publique. Le fait que plusieurs voies d’études (classiquement universitaires) ne soient de par leur nature même, pas conçues comme des cursus de formation du point de vue économique, est totalement ignoré.

C’est pourquoi l’UNES trouve important qu’une définition différenciée de l’employabilité soit développée et que celle-ci ne se base pas sur les exigences du marché de travail mais donne aux estudiant-e-s, avec l’habilité de penser indépendamment, la capacité de s’orienter au marché de travail et se rendent « employable » eux-mêmes.

A long terme il faut pouvoir garantir un enseignement indépendant et la liberté scientifique

L’enseignement ne doit, dans aucune haute école, devenir dépendant de facteurs économiques. La liberté scientifique est un des principes fondamentaux de la formation et de la recherche et doit être garanti afin de correspondre aux intérêts de tou-te-s et de légitimer le financement et le développement du système de formation par la main publique. Pour l’UNES, cela signifie que les cursus d’études correspondants ne peuvent être conçus et évalués qu’à l‘aide de critères scientifiques et que l’acquisition de compétences doit également être considérée sous ce jour.

De l’objectivité et la garantie du libre choix de la voie d’étude

La formation tertiaire est de plus en plus considérée comme un service et ainsi transformée en une marchandise négociable. Les étudiant-e-s sont vu-e-s comme une offre pour le marché du travail et devraient s’adapter à la demande. L’obligation de concevoir les offres d’études par rapport au marché du travail se fait de plus en plus forte et pressante: diminution du financement public pour certaines voies d’études, restrictions d’accès aux études, augmentations des taxes d’études (parfois censées couvrir la totalité des coûts voire rétroactives), système de prêts au lieu de bourses d’études. Tout cela avec la conviction ferme que des préférences artificielles pour les voies d’études en vogue sur le marché du travail peuvent être obtenues et dirigées au moyen de l’argent. L’UNES refuse clairement cette vision des choses et défend un accès libre et loyal à la formation tertiaire pour chacun-e en fonction de ses intérêts et capacités.

Valorisation des compétences

Le déroulement des études peut varier selon les étudiant-e-s. Cette hétérogénéité est positive et doit être reconnue et valorisée au sein de la formation tertiaire. Les compétences acquises par chacun-e, dans un contexte académique ou privé, sont plus importantes que le lieu ou la durée des études. La reconnaissance des compétences rend possible un jugement plus objectif et met chacun-e face aux même conditions d’évaluation. Le diploma supplement  doit gagner en considération et être élargi aux activités extracurriculaires des étudiant-e-s (participation estudiantine, manifestations ne pouvant pas être comptées dans le plan d’études, etc.) qui sont également décisives et importantes dans le déroulement et le développement des études.

 Repenser l’enseignement: l’orientation vers l’étudiant-e (student-centred learning)

L’UNES est convaincue que l’employabilité doit être repensée: les diplômes professionnalisants ne sont pas en premier lieu proposés dans la formation tertiaire, en particulier en Suisse. La formation académique, de par sa nature humaniste, se définit par une pluralité scientifique indispensable à l’acquisition du savoir qui de fait ne nécessite aucune légitimation complémentaire. Dès lors, elle doit être protégée et ne peut pas être orientée selon les demandes du marché du travail, ni régie par ses buts économiques à court terme.

L’employabilité, en lien avec la formation tertiaire, signifie bien plus que cela : les étudiant-e-s devraient avoir la possibilité de se développer librement et selon leur intérêts. L’EHEA a reconnu devoir agir dans ce sens et s’y engage dans son Communiqué de Bucarest  en introduisant le concept de l’enseignement orienté vers l’étudiant-e dans la formation tertiaire, le student-centred learning: „Higher education should be an open process in which students develop intellectual independence and personal self-assuredness alongside disciplinary knowledge and skills. Through the pursuit of academic learning and research, students should acquire the ability confidently to assess situations and ground their actions in critical thought.” L’UNES se réjouit grandement de cette décision, demande au paysage suisse des hautes écoles de mettre ce principe en œuvre, et plaide pour une redéfinition de l’enseignement dans les hautes écoles.

Contre une assurance qualité au rabais

adoptée le 18 novembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s de l’UNES a Berne Depuis le début du processus de Bologne en 1999, et surtout depuis 2003[1], l’assurance qualité (européenne) fait partie intégrante du paysage de l’enseignement supérieur. En outre, depuis 2003, les étudiant-e-s sont reconnu-e-s comme «full partners» dans le domaine de l’enseignement supérieur – et donc dans le domaine de l’accréditation et de l’assurance qualité[2]. Dans les différentes procédures externes[3] d’assurance qualité des hautes écoles, des étudiant-e-s font partie du panel d’expert-e-s et ont une responsabilité, donnent leur avis, évaluent et participent de manière constructive au processus. Les étudiant-e-s sont, par définition, une partie indispensable du panel d’expert‑e‑s[4]. La procédure standard consiste en l’évaluation des documents, la préparation de la visite du site, la participation à cette visite et la rédaction d’un rapport final.

Diverses expériences montrent que l’indemnisation et la reconnaissance des expert-e-s étudiant-e-s dans l’accréditation et l’assurance qualité varient grandement d’une agence à l’autre. Certaines agences versent une indemnité trois fois moins élevée que les autres. Par conséquent, l’Union des étudiant‑e‑s de Suisse (UNES) pose les revendications suivantes: Revendication I : un salaire égal Les expert-e-s étudiant-e-s dans les organismes d’accréditation sont, en principe, égaux/ales aux autres membres (aux professeur‑e‑s par exemple). Cela s’applique également au salaire, qui devrait dépendre de la charge de travail de chaque membre de la commission d’accréditation et non du statut des membres. La contribution des étudiant‑e‑s à l’assurance qualité est équivalente à celle de professeur‑e‑s et autres expert‑e‑s, dans tous les domaines. Les différences en termes de compétences et d’efficacité ne sont pas justifiables. En outre, le temps de préparation des étudiant‑e‑s est au moins égal à celui des professeur‑e‑s. Les étudiant‑e‑s membres des organismes sont précisément reconnu‑e‑s comme « full partners » et non pas comme assistant‑e‑s étudiant‑e‑s. Une différence de rémunération ne peut donc être justifiée. Revendication II: prévenir la perte de revenus Les étudiant‑e‑s, contrairement aux professeur‑e‑s, n’ont pas de salaire fixe dans leur haute école et ne peuvent pas être considéré‑e‑s comme assistant‑e‑s. Au lieu de cela, ils travaillent habituellement en dehors de leur haute école. Pour les étudiant‑e‑s, la participation à un processus d’accréditation ou d’assurance qualité est donc généralement associée à une perte de salaire, aucun emploi ne pouvant être tenu pendant le processus pour des raisons de temps. Nous demandons que cette perte de revenu soit considérée dans le calcul des indemnités, sans quoi la participation continue des étudiant‑e‑s ne pourra être garantie. Revendication III: les expert‑e‑s ont besoin de temps Une préparation idéale, la mise en application et le suivi de la participation à un processus constituent au moins sept jours de travail. Au cours de cette période, il est donc impossible, d’une part, que les étudiant‑e‑s assistent à des conférences et des séminaires, et, d’autre part, qu’ils/elles poursuivent un emploi rémunéré. Par conséquent, il est impératif que les hautes écoles acceptent et prennent les mesures nécessaires pour les absences des expert‑e‑s étudiant‑e‑s («congé» ou dispositif similaire). Les étudiant‑e‑s qui participent à une procédure d’accréditation ou d’assurance qualité devraient recevoir une confirmation et une recommandation de l’agence afin de les excuser auprès de leur haute école pour la durée de la procédure et de s’assurer de l’accord de leur employeur/euse. En ce sens, il est souhaitable de soutenir les expert‑e‑s étudiant‑e‑s dans les négociations avec leurs employeurs/euses respectifs/ves. Revendication IV: Pas de dumping salarial Il n’est pas acceptable que des agences étrangères, si elles travaillent pour des hautes écoles suisses avec des étudiant‑e‑s suisses, payent moins d’indemnités que les organisations locales. Il ne doit pas être toléré que les hautes écoles et les autorités de l’enseignement supérieur économisent sur l’assurance qualité et l’accréditation en recourant à des agences étrangères avec différents niveaux de salaires. Les agences qui travaillent en Suisse sont tenues de payer des salaires adéquats pour le pays. De plus, la Confédération, les cantons et les autorités des hautes écoles doivent supporter les coûts de l’assurance qualité dans les hautes écoles suisses, et doivent prendre leurs responsabilités face aux étudiant‑e‑s qui doivent travailler, en veillant à ce que les exigences énoncées ici soient remplies.


[1] En 2003, il a été décidé que les ESG (European Standards and Guidelines) seraient rédigées par l’ENQA (European Association for Quality Assurance in Higher Education).
[2] Voir le « Communiqué of the Conference of Ministers responsible for the Higher Education » du 19 septembre 2003 à Berlin, où les ministres ont reconnu les étudiant‑e‑s comme partenaire à part entière et ont encouragé la participation étudiante : „Students are full partners in higher education governance. Ministers note that national legal measures for ensuring student participation are largely in place throughout the European Higher Education Area. They also call on institutions and student organisations to identify ways of increasing actual student involvement in higher education governance.“
[3] Cette résolution concerne uniquement les expert‑e‑s externes étudiant‑e‑s dans les systèmes d’assurance qualité fondés. Toutefois, l’assurance qualité interne devrait se fonder également sur ces principes.
[4] http://www.enqa.eu/files/ESG_3edition%20%282%29.pdf

In Finnland, wie auch in anderen Ländern, wird die Situation für Studierende immer unangenehmer; besonders, wenn sie nicht aus Finnland oder einem anderen EU- oder EFTA-Staat kommen. Neu sollen Studierende ohne EU-Pass Studiengebühren bezahlen müssen, wenn sie an einer Hochschule in Finnland eingeschrieben sind. Dies verlangt eine Initiative von 119 ParlamentarierInnen1. Die InitiantInnen begründen ihr Anliegen mit einer Überbelastung der finnischen SteuerzahlerInnen aufgrund der markant angewachsenen Zahl ausländischer Studierender. SYL und SAMOK, offizielle Vertretungen der Studierenden in Finnland, wurden über den Plan, eine derartige Initiative einzureichen, nicht informiert. Auch jetzt besteht anscheinend kein Interesse, die Anliegen der Studierenden in dieser Diskussion ernstzunehmen. Die finnischen Studierendenorganisationen äusserten sich am 7. Januar 2013 unaufgefordert zur Idee und verlangten, dass keine Studiengebühren für Nicht-EU/EFTA-Studierende erhoben werden sondern stattdessen die Möglichkeiten für internationale Studierende verbessert werden2.

Die vermehrte Einführung von immer höheren Studiengebühren ist in Europa seit einiger Zeit zu beobachten. Auch in der Schweiz sind die Studierenden mit steigenden Gebühren konfrontiert. Nach den Universitäten Zürich und Bern, die ihre Gebühren im Laufe des Jahres 2012 angehoben hatten, beschloss der ETH-Rat kurz vor Jahresende die Verdoppelung der Studiengebühren für Studierende der beiden ETHs. In allen Fällen wurden die Studierenden kaum in den Entscheidungsprozess miteinbezogen und damit ihre Partizipation verhindert. Dieses Vorgehen scheint sich, wie am jüngsten Beispiel in Finnland erkennbar, immer mehr zur Normalität zu entwickeln, obwohl die europäischen Bildungsminister immer wieder betonen, dass sie die Studierenden als gleichberechtigte PartnerInnen anerkennen3.

Studiengebühren sind keine adäquate Methode, Hochschulbildung zu finanzieren. Bildung ist ein öffentliches Gut, welches öffentlich finanziert werden soll. Nur so kann gewährleistet werden, dass Hochschulbildung allen nach Neigung und Fähigkeit offen steht.. Studiengebühren verhindern aber gerade den freien Zugang zu den Hochschulen: Personen mit beschränkten finanziellen Möglichkeiten wird es noch zusätzlich erschwert, ein Studium aufzunehmen. Die Einführung oder Erhöhung von Studiengebühren nur für eine bestimmte Gruppe, und insbesondere für Nicht- Einheimische, ist neben ihrer Sozialunverträglichkeit eine zusätzliche, inakzeptable Ungleichbehandlung von ausländischen Studierenden und verhindert so die von allen Seiten geforderte internationale Mobilität. Berechnungen von SYL und SAMOK haben darüberhinaus ergeben, dass ein Anteil von 25% ausländischer Studierender, die nach Abschluss des Studiums in Finnland bleiben, ausreicht, um die Kosten aller internationalen Studierenden zu decken. Es ist dementsprechend unnötig und kontraproduktiv, Studiengebühren einzuführen.

Der VSS bestärkt die finnischen Studierendenvertretungen in Ihrem Kampf für ein gerechtes Hochschulsystem, an dem alle teilhaben können. Der VSS appelliert an die finnischen ParlamentarierInnen, sich ebenfalls für den chancengleichen Zugang zur Hochschulbildung einzusetzen und sich zur internationalen Studierendenmobilität zu bekennen.

Für weitere Informationen

Lea Meister (Co-Präsidentin der Kommission für Internationales und Solidarität) +41 (0)78 720 65 78

Marius Wiher (Co-Präsident der Kommission für Internationales und Solidarität) +41 (0)79 728 72 97

Manuela Hugentobler (Vorstandsmitglied) +41 (0)78 696 08 09