Pas de marchandage avec les étudiant-e-s!

Commmuniqué de presse de l’UNES du 29 août 2013

Les cantons de Bâle-Ville (BS) et Bâle-Campagne (BL), après de longues négociations, ont décidé d’augmenter le montant des fonds accordés à l’Université de Bâle. Cette décision n’a pu être prise que parce que l’Université et Bâle-Ville ont cédé à une condition du gouvernement de Bâle-Campagne: sans une augmentation des taxes d’études, BL n’aurait pas accepté l’accord final. L’UNES est consternée par ce marchandage. Les gouvernements des deux cantons prouvent à nouveau que l’égalité des chances pour chaque étudiant-e leur importe peu. Les étudiant-e-s exigent des parlementaires des deux cantons de mettre le holà à ce marchandage des coûts d’études et de ne ratifier l’accord final que si les taxes d’études ne sont pas augmentées.

Il est certes réjouissant que même Bâle-Campagne se rende compte que l’Université de Bâle a besoin de plus de moyens. Une augmentation de la contribution de 317 millions actuellement à 329.5 millions d’ici 2017 doit être vue comme un signe positif, bien que plutôt modeste. Mais que BL se permette de faire pression en exigeant une hausse des taxes d’études comme condition sine qua non à cette augmentation ne laisse rien présager de bon quant au processus de négociations entre les cantons et l’Université.

Une hausse des taxes d’étude pour augmenter le revenu de l’Université de 4 millions par année est irresponsable. Ce montant est minime par rapport au budget global de l’Université, mais pour certain‑e‑s étudiant-e-s, ces 150 CHF supplémentaires par semestre ne seraient pas une mince affaire: les taxes d’études passeraient ainsi à environ 850 CHF par semestre.

Des augmentations de taxes d’études sont également en pourparlers dans les EPFs, d’autres hautes écoles cantonales et les HES. Bâle suit donc la tendance nationale à faire supporter les problèmes de financement des hautes écoles aux étudiant-e-s, comme si une hausse des taxes d’études avait une réelle incidence sur le budget d’une haute école. Mélanie Glayre, membre du comité exécutif de l’UNES, s’indigne: „ A tous les niveaux, on essaie de privatiser le financement des hautes écoles grâce à des taxes d’études de plus en plus élevées, et ainsi de restreindre l’accès à la formation tertiaire. Un tel procédé est inacceptable, particulièrement à Bâle, ou les étudiant-e-s paient les pots cassés dans le marchandage entre les instances responsables du financement de l’Université“.

Ces procédés mettent l’égalité des chances et le libre-accès à la formation en danger. Au lieu de développer des solutions réalistes pour assurer un financement public et durable des hautes écoles, les gouvernements des cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne préfèrent forcer les étudiant-e-s à en assumer la responsabilité financière. L’UNES demande au Parlement Cantonal et au Grand Conseil d’assumer la responsabilité financière de leur université, d’arrêter leurs jeux politiques et d’empêcher une augmentation des taxes d’études. Parce que la formation, c’est l’avenir!

Dans une interview du „Sonntags-Blick“ du 25 août, le Chef de l’armée, André Blattmann, propose que les établissements cantonaux du secondaire II avancent les examens de maturité et que les hautes écoles repoussent le début du semestre, afin que les maturant-e-s qui entreprennent des études directement après la maturité aient le temps d’effectuer leur école de recrue entre les deux formations. L’Union des étudiant-e-s de Suisse s’oppose à cette proposition du Chef de l’armée, qui subordonne la formation au service militaire.

L’UNES est quelque peu perplexe quant à la nécessité d’avancer les examens de maturité. La subordination même de la formation à l’armée est en elle-même discutable; en effet, cet ajustement réduirait le temps de formation de tou-te-s les maturant-e-s alors que l’école de recrue ne concerne qu’une faible partie de la population du secondaire II. Dans le canton de Zurich par exemple, la durée de la maturité a déjà été raccourcie à plusieurs reprises et la durée du gymnase a été réduite d’une demi année sur les quatre ans qui constituent la maturité.

La nécessité de plus de flexibilité

Pour Nicolas Diener, co-président de la commission sociale de l’UNES; „puisqu’il n’est pas possible d’effectuer l’école de recrue entre la maturité et le début des études en haute école, cela ne devrait pas être réglé par une réduction du temps d’études mais par une certaine flexibilité de la part de l’armée“. Il existe aujourd’hui la possibilité de partager l’école de recrue en deux parties, mais même dans ce cas les deux premières semaines d’études sont perdues. Pour beaucoup de filières d’études en Haute école spécialisée, qui commencent le semestre plus tôt ou terminent plus tard, ou pour ceux et celles qui ne veulent pas manquer les premières semaines de leurs études, seul reste l’année sabbatique pour effectuer l’école de recrue. L’armée pourrait remédier à cette incompatibilité en réduisant la première moitié de l’école de recrue à 10 ou 11 semaines. La seconde moitié pourrait alors être effectuée en dehors des périodes de cours, pendant la pause estivale.

Les établissements publics de formation ne sont pas tenus de s’adapter à la rigidité du service militaire. Au contraire, l’armée doit trouver plus de solutions pour celles et ceux qui souhaitent faire leur école de recrue sans que cela n’affecte le bon déroulement de leur formation. Une possibilité serait d’étendre à tous les domaines d’études ainsi qu’à la formation continue, le système actuellement en place pour les étudiant-e-s en médecine, dont l’obligation de servir est ajustée à leurs études. Car l’armée ne doit pas constituer un obstacle à la réussite d’une formation.

L’UNES demande au Chef de l’armée et à la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) de ne pas détériorer les conditions d’études de l’ensemble des gymnasien-ne-s et des étudiant-e-s de Suisse et de réfléchir à une flexibilisation de l’école de recrue au lieu d’une réduction du temps d’études. 

 Pour plus d’informations:

Mélanie Glayre (f/d)
Membre du comité exécutif de l’UNES
078 779 84 67

Nicolas Diener (d)
Co-président de la commission sociale de l’UNES
079 524 36 14

Dominik Fitze (d)
Co-président de la commission sociale de l’UNES
076 519 93 67