Lors de la 173ème Assemblée de Délégué.e.s de l’Union des Étudiant.e.s Suisse à Neuchâtel, les étudiant.e.s de Suisse ont décidé de leurs revendications au nouveau parlement et ont créé un groupe de travail pour la durabilité au sein des hautes écoles.


Communiqué de presse du 10 novembre 2019

À l’UNES, nous croyons que chaque vote compte et souhaitons également encourager les étudiant-e-s à se rendre aux urnes ce mois-ci. Il est important pour nous que les étudiant-e-s de Suisse sachent quels politicien-ne-s représentent leurs préoccupations et comment les futur-e-s parlementaires considèrent comme importantes les questions relatives à l’éducation. Chaque jour, vous trouverez sur notre page d’accueil, des entretiens avec des candidat-e-s de différents partis politiques, qui ont répondu à nos questions et commenté les préoccupations politiques des étudiant-e-s.

 

Que pensez-vous des mesures climatiques prises dans les universités, comme par exemple une liberté restreinte concernant les voyages en avion ?

Alors que de nombreux politiciens de droite ont tenté de décrédibiliser les jeunes qui manifestaient pour le climat en les accusant de ne pas être cohérents, les multiples propositions émises dans les écoles (recyclage, voyages sans avion…) prouvent que c’est le contraire.

 

A votre avis, comment est-ce que la politique devrait répondre aux exigences de la jeunesse engagée pour le climat ?

Il y a une urgence climatique. Les scientifiques le répètent depuis des décennies. Et j’invite ceux qui en doutent à venir voir les glaciers dans mon canton.

La majorité du Parlement refusait de voir cette réalité jusqu’à présent. Mais grâce aux mobilisations massives des jeunes ces derniers mois, nous allons enfin dans la bonne direction, avec la nouvelle loi sur le CO2 votée au Conseil des Etats. C’est la preuve que les manifestations sont efficaces quand elles sont d’une certaine ampleur. L’objectif de cette loi est d’inciter les comportements plus respectueux de l’environnement. Pour cela, les taxes (sur les billets d’avions ou sur l’essence) ne peuvent pas être la seule réponse. Il faut aussi proposer des alternatives (transports publics, mobilité douce, mobilité électrique, trains de nuit vers les grandes villes européennes…). Nous commencerons le travail sur la loi sur le CO2 dans quelques jours en commission au Conseil national. Je m’engage pour une loi ambitieuse, à la hauteur de l’enjeu. Il nous faudra parallèlement investir massivement dans les énergies renouvelables, dont le solaire, qui a un énorme potentiel.

 

Comment l’accord-cadre peut-il être sauvé afin d’assurer la coopération avec l’UE dans le domaine de l’éducation ?

Il faut un accord où la protection des salaires n’est pas remise en question. Pour cela, nous avons besoin de maintenir nos mesures d’accompagnement permettant de contrôler le marché du travail et d’éviter le dumping salarial.

 

Est-ce que la Suisse devrait payer le montant nécessaire afin de rejoindre le programme Erasmus+ dès 2021 ?

La pleine association au programme Erasmus+ est une priorité. Je me suis beaucoup engagé dans ce dossier et nous avons réussi à faire passer une motion demandant au Conseil fédéral d’obtenir cette réassociation. Cela va se jouer dans ces prochains mois et je m’engage pour cela.

 

Selon vous, qu’est-ce qu’une rémunération adéquate pour les stagiaires ?

Je suis intervenu à plusieurs reprises sur cette thématique, notamment avec une motion demandant de mieux encadrer les stages (https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20183489). Des mesures sont nécessaires pour garantir que les stages ne soient pas des places de travail précaires masquées, et qu’ils restent un moyen de formation.

 

Que peut faire l’Etat pour favoriser des logements bon marché pour les étudiant-e-s ? Est-ce qu’il devrait vraiment s’en mêler ?

Oui, c’est le rôle de l’Etat de s’engager pour davantage de logements bon marché, non seulement pour les étudiant-e-s, mais aussi pour les familles et les petits revenus. Le peuple suisse se prononcera en février 2020 sur une initiative populaire de l’ASLOCA qui va dans ce sens. Je suis membre du comité d’initiative et m’engagerai dans cette campagne de votation.

 

Est-ce que les réfugié-e-s devraient avoir le droit au même accès aux universités et hautes écoles que les personnes de nationalité suisse ?

Oui, absolument. J’ai d’ailleurs déposé deux interventions parlementaires sur ce sujet à Berne :

 

Est-ce que vous pensez que les filières d’études économiquement rentables comme l’économie ou l’informatique devraient être soutenues par l’État plutôt que la musique ou la littérature ?

Non. Le but des études ne se limite à la rentabilité économique des futurs diplômé-e-s. Ayant étudié le français, l’histoire et la philosophie, je suis particulièrement sensible à cela.

 

Pourquoi y a-t-il moins de femmes que d’hommes qui étudient les sciences naturelles ?

Il y a un grand travail à faire pour favoriser davantage de mixité dans les différentes filières. Cela commence dès le plus jeune âge car les stéréotypes de genre sont encore trop présents dans notre société.