Blog

Page 3 de 9

Nos étudiantes et étudiants, nos chercheuses et chercheurs et, par conséquent notre société, profitent de la mobilité internationale et de l‘échange du savoir, des échanges culturels et linguistiques. Ces échanges permettent aux enseignements et à la recherche suisse de se développer et d‘offrir une formation de haute qualité. Ils permettent une transmission du savoir et le partage des connaissances dans le monde entier. Si l’initiative Ecopop est acceptée, la diversité de la formation en Suisse sera largement limitée et les programmes d’études et de recherches dans l‘espace international des hautes écoles seront en danger. De plus, une mobilité internationale limitée priverait les diplomé-e-s suisses de rapporter dans leur pays des expériences professionnelles et des recherches précieuses. L‘isolation de la Suisse aurait, pour notre système de formation, un effet dévastateur. Formation et recherche ne connaissent pas de frontières, ils se développent grâce à la coopération mondiale. Alexandre Graham Bell a, par exemple, inventé le téléphone grâce à la coopération avec des cherch-eur-euse-s allemand-e-s, italien-ne-s, anglais-e-s et americain-e-s et grâce à leurs savoirs. Croire qu‘étudier, enseigner et faire des recherches entre quatre murs serait fructueux est une illusion.

Selon l’Office fédéral de la statistique , env. 75’000 personnes enseignent et font des recherches en Suisse dans les universités, les Écoles polytechniques fédérales, les hautes écoles et les hautes écoles pédagogiques. La population étrangère, les professeur-e-s, doctorant-e-s, représentent presque 50% des effectifs dans les universités suisses. Une restriction massive de l’immigration – en cas d’adoption de l’initiative Ecopop – conduirait le système d’éducation Suisse à l’effondrement. La Suisse pourrait par exemple former beaucoup moins de médecins, sages-femmes, informaticiennes et ingénieurs agronomes à cause du manque de savoir-faire, de connaissances et de qualifications pour leurs enseignements.

Il ne faut pas oublier que c’est grâce à l’échange international que la formation, la recherche et la société suisse sont ce qu’elles sont aujourd’hui. L’adoption de l’initiative ECOPOP serait un pas en arrière.

Parce que la formation c’est l’avenir !

Veuillez contacter la Direction de l’UNES pour plus d’information.

L’ancien Directeur de l’instruction publique du canton de Zürich demande, dans le Schweiz am Sonntag, l’instauration d’examens d’entrée dans les Universités. Cette demande se fonde sur les deux arguments suivants: d’une part, sur le taux d’abandon des études (30% des étudiant-e-s interrompent leurs études en cours de parcours), d’autre part, sur le niveau insuffisant des Maturités. Ces deux arguments sont fondés sur de fausses hypothèses.

Il est en effet répété partout que le niveau des gymnasien-ne-s ne correspond plus aux exigences des universités. Il en résulterait que les certificats de maturité ne serraient plus considérés comme des billets d’entrée pour les hautes écoles : cette considération est erronée. En effet, presque tout ceux qui ont terminé leur Gymnase et s’inscrivent à l’Université ou dans une EFP, terminent avec succès leurs études. Il n’est donc pas possible que les récipiendaires d’un certificat de maturité soient considérés comme aussi médiocres. Selon l’étude „Etudier sous Bologne“ réalisé par l’Office fédéral de la statistique, environ 30% des étudiant-e-s interrompent leurs études en cours de parcours. Les raisons évoquées dans l’étude sont les suivantes: près de la moitié d’entre eux/elles interrompent leur parcours parce que continuer les études n’a plus de sens. ; un cinquième arrête à cause de problème financier ; et seulement 18% interrompent leurs études parce qu’ils/elles ont échoué à leurs examens.

Ainsi, la plupart des étudiant-e-s interrompant leurs études, reprennent en général des études dans une autre branche qu’ils/elles terminent avec succès. Cela n’est pas surprenant. En effet, la première année à l’université est, pour beaucoup, une année décisive durant laquelle il devient clair que le contenu de la branche choisie ne correspond pas aux attentes.

Il est donc nécessaire, pour combattre ces interruptions, d’adopter une autre approche que celle proposée par Ernst Buschor. D’une part, les présentations des filières d’études et des contenus des cours doivent être améliorées de sorte que les futurs étudiant-e-s choisissent dès le début la filière leur correspondant au mieux. D’autre part, la situation sociale des étudiant-e-s doit être améliorée. En effet, la Suisse perd chaque année près de 5000 universitaires et étudiant-e-s des EFP, parce qu’ils/elles ne peuvent pas se permettre financièrement de continuer leurs études. L’amélioration du système des bourses d’études est une solution pour remédier à ce problème.

L’initiative de l’UNES pour l’harmonisation des bourses d’études en propose en effet une solution. Actuellement, les cantons sont responsables des aides financières à la formation. Les systèmes d’octroi des bourses d’études diffèrent grandement selon le canton. L’initiative souhaite que toute personne ayant besoin d’une bourse d’études soit traitée selon les mêmes règles dans toute la Suisse, et ce afin d’éviter qu’une étudiante du Valais doive arrêter ses études en sciences des matériaux parce qu’elle n’a pas reçu de bourse, alors que sa collègue neuchâteloise en a elle, reçu une.

En Suisse, 75% des étudiant•e•s travaillent à côté de leurs études, dont une grande majorité (83%) travaillent pendant les périodes de cours. Le plus souvent, la charge de travail varie entre 30 et 50%. Ces activités sont rarement liées aux études et ne nécessitent donc pas de formation technique spécifique: près de la moitié des étudiant•e•s de premier cycle (Bachelor) signalent que leur travail n’est pas du tout lié à leurs études1. Les étudiant•e•s occupent donc des postes également occupés par des travailleurs et travailleuses non qualifié•e•s, dans la restauration ou le commerce de détail par exemple.

Les raisons pour lesquelles les étudiant•e•s exercent une activité salariée sont en grande partie économiques. Ainsi, le coût moyen de la vie pour les étudiant•e•s de 21 à 30 ans en 2009 était entre CHF 1780.- et 1990.- par mois. Pour les étudiant•e•s qui ont entre 26 et 30 ans, ces coûts sont majoritairement financés par leur emploi2. Cependant, cette estimation est calculée au plus juste; des dépenses imprévues, comme une facture de dentiste, ne sont pas incluses dans ce budget. L’UNES estime, selon les chiffres des services sociaux des hautes écoles cantonales, que le coût minimum de la vie pour les étudiant•e•s est d’environ CHF 2000.- par mois3. Beaucoup d’étudiant•e•s travaillent donc à côté de leurs études afin de pourvoir à leur propre entretien – ils et elles travaillent dans des secteurs qui comptent le plus grand nombre de personnes occupant des postes à bas salaire. Ce bas salaire n’est pas suffisant pour mener une vie décente, surtout si l’on considère la hausse du coût de la vie. De plus, pour les étudiant•e•s, les récentes augmentations des taxes d’études et la difficulté d’obtenir des bourses d’études s’ajoutent aux problèmes financiers.

Un salaire minimum de CHF 22.- par heure garantirait aux étudiant•e•s une base convenable pour subvenir à leurs besoins. Contrairement aux craintes des opposant•e•s à cette initiative, nous sommes convaincues que le salaire minimum ne conduit pas à des suppressions d’emplois, mais plutôt à l’augmentation de la sécurité économique et sociale. Cela vaut en particulier pour les secteurs tels que la restauration et le commerce de détail, où même avec un salaire équitable, une main-d’œuvre – non-étudiante et étudiante – s’avère nécessaire.

En outre, un salaire minimum combat la discrimination salariale envers les femmes. En effet, c’est surtout la population féminine qui est engagée dans les secteurs avec un faible niveau des rémunérations – les femmes représentent 67% des personnes occupant des postes à bas salaire. En plus, les premiers résultats de l’enquête sur le niveau et la structure des salaires 2012, publiés il y a deux semaines par l’office fédéral de la statistique, montrent que la différence des salaires entre femmes et hommes a augmenté : Elle est maintenant à 18.9%4. Cette différence s’explique en partie par des facteurs objectifs, comme la qualification, l’expérience professionnelle et des caractéristiques liées au poste. Pourtant, presque 40% de la différence ne sont pas explicables et donc considérés comme discriminatoires. La discrimination salariale liée au genre est aussi observée chez les étudiant-e-s et, de plus,  augmente avec le niveau de formation et de responsabilité5. L’introduction d’un salaire minimum légal n’est donc, à notre avis, pas seulement un moyen substantiel pour procurer une vie digne à tout le monde et pour prévenir une sous-enchère salariale. Il peut également être considéré comme un pas important vers l’égalité des salaires et des chances.

1Bureau fédéral de la statistique, Etudier sous Bologne. Rapport principal de l’enquête sur la situation sociale et économique des étudiant•e•s des hautes écoles suisses 2009, Neuchâtel 2010. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=4108
2Ibid.
3Union des étudiant•e•s de Suisse (UNES), Les bourses d’études en Suisse. L’analyse, la critique et les perspectives du point de vue des étudiant-e-s, Berne: a propos Verlag 2013.
4http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/medienmitteilungen.html?pressID=9416
5Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes BFEG, Vers l’égalité des salaires! Faits et tendances, Berne 2013. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/22/publ.html?publicationID=5223

– Letizia Carigiet, Kathrin Beeler et Coralie Boulet sont respectivement co-présidentes et membre de la Commission d’Egalité de l’UNES (CodEg). Fabienne Jacomet est responsable de l’égalité au sein du Comité exécutif de l’UNES. Dans leur vie quotidienne et leur engagement pour l’égalité des genres, elles se penchent souvent sur des thèmes concernant les conditions de vie et de travail des étudiant•e•s. L’UNES publie régulièrement des blogs des personnes actives et alumnis dans la langue correspondante. Les contributions représentent l’opinion de l’auteur-e.

Communiqué de presse de l’UNES du 19 mars 2014 

Le Conseil national a décidé cet après-midi de recommander le rejet de l’initiative populaire sur les bourses d’études. Bien que presque la totalité des partis reconnaissent les nombreux problèmes du système actuel des bourses d’études, ceux-ci ne sont pas prêts à prendre véritablement le problème en main. Ils préfèrent proposer un contre-projet indirect se référant au Concordat sur les bourses d’études. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) regrette cette décision, par laquelle les Conseillers/ères nationaux/ales perdent l’occasion de prendre leurs responsabilités et de proposer de véritables solutions.

Le système suisse des bourses d’études connaît deux gros problèmes. D’une part, les systèmes d’aides à la formation étant de compétence cantonale, nous connaissons 26 systèmes différents. Les conditions d’octroi et les montants des bourses dépendent plus du canton dans lequel la bourse est demandée que des besoins réels de la personne souhaitant effectuer une formation. D’autre part, depuis quelques années, les cantons et la Confédération se sont petit à petit retirés de leurs responsabilités et ne garantissent plus une véritable égalité d’accès à la formation. Les subventions fédérales ont été réduites de 100 à 25 Mio et, dans plusieurs cantons, les systèmes d’aides se sont affaiblis. Selon l’Office fédéral des statistiques, alors que 20% des étudiant-e-s auraient besoin d’une bourse, seulement 8% d’entre eux/elles en obtiennent une aujourd’hui. Lea Oberholzer, membre de la Direction de l’UNES rappelle que „ce sont les capacités et les intérêts d’une personne qui doivent déterminer l’accès à sa formation, et non son canton d’habitation, ni ses capacités financières“.

L’initiative des bourses d’études veut harmoniser les conditions d’accès aux bourses d’études au niveau national, afin que les disparités cantonales soient supprimées et afin de permettre à chacun-e d’accomplir une formation sous la garantie d’un standard de vie minimal. L’initiative demande une véritable égalité des chances dans l’accès à la formation.

Le Conseil national a recommandé de refuser l’initiative pour l’harmonisation des bourses d’études. A la place, il propose un contre-projet indirect. Celui-ci prévoit que les subventions fédérales soient versées uniquement aux cantons qui ont adhéré au Concordat sur les bourses d’études de la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP). Le contre-projet est accompagné d’une motion, proposant d’augmenter les subventions fédérales dans le cadre du Message FRI, afin de motiver les cantons qui ne l’ont pas encore fait, d’adhérer au Concordat. Par conséquent, une harmonisation matérielle ne serait possible pour les cantons qu’en adhérant au Concordat intercantonal sur les bourses d’études.

L’UNES se réjouit de ce pas en direction d’une l’harmonisation matérielle, mais soulève encore plusieurs problèmes. D’une part, le Concordat est seulement un large programme cadre et ne propose ni les critères d’octroi suffisants, ni les bases de calcul nécessaires à un bon système des aides à la formation. Le Concordat définit uniquement le montant maximal minimal d’une bourse à 16’000 francs par année, montant qui ne suffit pas à un-e étudiant-e pour survire. D’autre part, il est nécessaire de motiver d’avantage les cantons à adhérer au Concordat avec une subvention fédérale plus importante. Celles-ci sont définies tous les quatre ans dans le Message FRI et ont été diminuées durant les dernières années. Ainsi, aucune incitation véritable n’a été mise en place pour motiver les cantons à adhérer au Concordat intercantonal.

Le Conseil des Etats va traiter l’initiative des bourses d’études durant la session d’été. Nous espérons que la chambre des cantons, contrairement au Conseil national, ne reconnaisse pas seulement les problèmes, mais y propose de véritables solutions. Il est clair que pour l’UNES, l’initiative est l’unique solution permettant de combler tous les manques du système de bourses d’études. Parce que la formation, c’est l’avenir!

Pour plus d’informations, Mélanie Glayre (078 779 84 67) et Lea Oberholzer (078 860 49 67) sont volontiers à disposition.

Depuis aujourd’hui, l’initiative sur les bourses d’études est discutée au Conseil national. Avec elle, les étudiant-e-s ont réussi à porter dans les débats politiques une des plus grandes injustices dans le paysage suisse de la formation. Ce succès, partiel, réjouit grandement l’UNES.
Il appartient aux membres du Conseil national de faire de l’égalité des chances et d’un système développé des bourses d’études une réalité. Le futur de la Suisse comme lieu de formation est en jeu.
L’UNES fera une action devant le Palais fédéral demain matin, afin de rappeler aux parlementaires à quel point l’égalité des chances dans l’accès à la formation et un système juste des bourses d’études sont importants pour toutes et tous.

Venez nombreuses et nombreux et battez-vous avec nous pour un système juste des bourses d’études! Car la formation c’est l’avenir! Mercredi 19 mars à 7h15 devant le Palais fédéral.

Pour plus d’informations, Mélanie Glayre (078 779 84 67) et Lea Oberholzer (078 860 49 67) sont volontiers à disposition.

Initiative