Ce mercredi 27 juillet, l’Université de Lucerne a annoncé avoir suffisamment de fonds externes (fonds tiers) pour financer sa business school récemment ouverte. Le financement par les fonds tiers engendre des conflits d’intérêts et compromet la liberté de recherche et d’enseignement. Le cas d’une business school financée par des fonds tiers est particulièrement préoccupant. Le risque est également que les financements des autres facultés de l’Université de Lucerne puissent être détournés pour la faculté d’économie, si le modèle de financement prévu ne fonctionne pas.

Le financement par les fonds tiers engendre des conflits d’intérêt
Les hautes écoles ont un mandat public : former des étudiant-e-s et mettre en place des possibilités d’études et de recherches. Les motivations du secteur privé ne correspondent pas souvent au fonctionnement légal et démocratique des hautes écoles. Ces différences fondamentales entre intérêt public et secteur privé et son apport financier engendrent des conflits d’intérêts. Les mécènes et les fondations poursuivent des buts idéaux, mais bien souvent également matériels, qui ne sont pas compatibles avec l’intérêt public. C’est pourquoi l’Union des Etudiant-e-s de Suisse (UNES) exprime la demande que les hautes écoles soient financées en priorité par le secteur public. Ainsi, le Canton de Lucerne doit réfléchir à l’avenir de son université sur le long terme, et prendre ses responsabilités en lui allouant les ressources nécessaires à son développement.

La transparence doit être de mise
Afin que le public puisse avoir une image précise de l’impact et des potentiels conflits d’intérêts pouvant survenir lorsqu’un tiers finance une partie de l’enseignement d’une haute école, il est essentiel que le processus développé entre l’université et le tiers soit transparent, depuis le début du partenariat jusqu’au montant alloué par le tiers.
« A l’Université de Lucerne, le règlement dispose qu’en-dessous d’un montant de 500’000 francs, il n’est pas obligatoire de dévoiler le total du financement reçu. Cette règle est lacunaire et insuffisante. » explique Line Magnanelli, membre du Bureau de l’UNES. « Des montants bien moindres peuvent déjà mettre en danger l’indépendance d’une haute école. C’est la raison pour laquelle le total des fonds tiers reçus, leurs origines et les conditions auxquelles ils ont été alloués devraient être révélés au public. » De plus, les hautes écoles devraient instaurer un comité, incluant des étudiant-e-s, pour contrôler le processus d’allocation des fonds tiers et assurer que l’indépendance de la haute école concernée soit respectée.

Danger pour le financement des facultés restantes
Dans le contexte actuel d’austérité et au vu des mesures d’économie prévues dans le Canton de Lucerne, si le modèle de financement prévu pour la faculté d’économie ne fonctionnait pas, l’Université de Lucerne devrait colmater la brèche elle-même, au risque de mettre en danger l’équilibre financier des autres facultés. Pour assurer la pérennité d’un canton universitaire, Lucerne a besoin que le budget pour le financement de sa haute école spécialisée, sa haute école pédagogique et son université soit clair, abondant et garanti.

Contact :
Line Magnanelli, membre du Comité exécutif

CP faculté d’economie lucerne

Informations supplémentaires :
Prise de position Fonds Tiers

L’UNES s’est récemment exprimée sur l’austérité financière généralisée et de son impact négatif sur la qualité de l’enseignement. Dans ce sens, l’Union soutient la mobilisation étudiante qui se déroule actuellement à Genève pour défendre un service publique de qualité. Nous félicitons l’action de la CUAE et des associations étudiante-e-s.

Pas d’avantages de coupes budgétaires – à tous les niveaux. Parce que l’éducation est l’avenir de la Suisse!

Pour l’UNES,
Sarah Burckhardt (fr)
Melanie Gut (de)

Commmuniqué de presse de l’UNES du 29 août 2013

Les cantons de Bâle-Ville (BS) et Bâle-Campagne (BL), après de longues négociations, ont décidé d’augmenter le montant des fonds accordés à l’Université de Bâle. Cette décision n’a pu être prise que parce que l’Université et Bâle-Ville ont cédé à une condition du gouvernement de Bâle-Campagne: sans une augmentation des taxes d’études, BL n’aurait pas accepté l’accord final. L’UNES est consternée par ce marchandage. Les gouvernements des deux cantons prouvent à nouveau que l’égalité des chances pour chaque étudiant-e leur importe peu. Les étudiant-e-s exigent des parlementaires des deux cantons de mettre le holà à ce marchandage des coûts d’études et de ne ratifier l’accord final que si les taxes d’études ne sont pas augmentées.

Il est certes réjouissant que même Bâle-Campagne se rende compte que l’Université de Bâle a besoin de plus de moyens. Une augmentation de la contribution de 317 millions actuellement à 329.5 millions d’ici 2017 doit être vue comme un signe positif, bien que plutôt modeste. Mais que BL se permette de faire pression en exigeant une hausse des taxes d’études comme condition sine qua non à cette augmentation ne laisse rien présager de bon quant au processus de négociations entre les cantons et l’Université.

Une hausse des taxes d’étude pour augmenter le revenu de l’Université de 4 millions par année est irresponsable. Ce montant est minime par rapport au budget global de l’Université, mais pour certain‑e‑s étudiant-e-s, ces 150 CHF supplémentaires par semestre ne seraient pas une mince affaire: les taxes d’études passeraient ainsi à environ 850 CHF par semestre.

Des augmentations de taxes d’études sont également en pourparlers dans les EPFs, d’autres hautes écoles cantonales et les HES. Bâle suit donc la tendance nationale à faire supporter les problèmes de financement des hautes écoles aux étudiant-e-s, comme si une hausse des taxes d’études avait une réelle incidence sur le budget d’une haute école. Mélanie Glayre, membre du comité exécutif de l’UNES, s’indigne: „ A tous les niveaux, on essaie de privatiser le financement des hautes écoles grâce à des taxes d’études de plus en plus élevées, et ainsi de restreindre l’accès à la formation tertiaire. Un tel procédé est inacceptable, particulièrement à Bâle, ou les étudiant-e-s paient les pots cassés dans le marchandage entre les instances responsables du financement de l’Université“.

Ces procédés mettent l’égalité des chances et le libre-accès à la formation en danger. Au lieu de développer des solutions réalistes pour assurer un financement public et durable des hautes écoles, les gouvernements des cantons de Bâle-Ville et Bâle-Campagne préfèrent forcer les étudiant-e-s à en assumer la responsabilité financière. L’UNES demande au Parlement Cantonal et au Grand Conseil d’assumer la responsabilité financière de leur université, d’arrêter leurs jeux politiques et d’empêcher une augmentation des taxes d’études. Parce que la formation, c’est l’avenir!

Non à l’augmentation des taxes d’études: un film de VSS-UNES.

Actuellement, deux interventions au sein du Parlement suisse inquiètent les étudiant‑e‑s. Bien qu’elles proviennent de représentant-e-s de partis très différents, elles vont néanmoins dans le même sens : la motion Keller vise à un doublement général des taxes d’études pour les étudiant-e-s étrangers/ères. L’initiative Nordmann demande à ce que les taxes d’études dans les EPF soient jusqu’à triplées pour les étudiant‑e‑s dont le domicile fiscal des parents n’est pas en Suisse. Les deux interventions visent à introduire une différence de traitement injustifiable entre les étudiant‑e‑s et vont à l’encontre de l’égalité des chances.

Les discussions autour de l’augmentation des taxes d’études dans les hautes écoles spécialisées et les hautes écoles cantonales sont également à l’ordre du jour – il ne s’agit alors pas d’un problème spécifique aux EPF. Il est tenté, à tous les niveaux, de privatiser le financement des hautes écoles au moyen de taxes d’études élevées, et ainsi de restreindre l’accès aux hautes écoles.

Ces développements sont inacceptables. Ils mettent en danger l’égalité des chances et le libre accès à la formation. Chacune et chacun doivent pouvoir entreprendre une formation tertiaire selon ses capacités et ses intérêts et non en fonction de l’épaisseur de leur porte-monnaie. Au lieu de développer enfin des solutions pour assurer un financement public adéquat des hautes écoles, les étudiants sont une fois de plus contraint‑e‑s, avec ces deux interventions parlementaires, d’endosser la responsabilité (financière).

A l’occasion de sa 159e Assemblée des délégué‑e‑s, l’UNES a organisé une action afin d’exprimer son mécontentement concernant l’augmentation des taxes d’études proposée. L’UNES n’est pas d’accord avec les développements actuels et s’oppose à ce que les étudiant‑e‑s deviennent le jouet de la politique. Il n’est pas tolérable que seuls les enfants de parents riches aient accès à l’enseignement supérieur.

Les étudiant‑e‑s de toute l’Europe partagent ce point de vue et ont, lors du 64e Board Meeting de l’European Students Union à Budapest, exprimé leur soutien par une résolution (http:https://www.vss-unes.ch/2013/05/01/2323/).

L’augmentation des taxes d’études proposée entraînerait une diminution des étudiant‑e‑s internationaux en Suisse et menacerait ainsi la diversité culturelle, les étudiant‑e‑s étrangers/ères ne pouvant alors plus se permettre de venir étudier en Suisse. Les taxes d’études sont socialement injustes, sélectives et disproportionnées. Les politiques au niveau cantonal, fédéral et européen sont invité‑e‑s à introduire la gratuité de l’enseignement supérieur afin de défendre une véritable égalité des chances.

Le petit film est disponible ici.