Communiqué de presse de l’UNES du 12 juin 2014

Dans sa séance d’aujourd’hui, le Conseil national a adopté une motion demandant au Conseil fédéral de prendre les mesures nécessaires afin que la Suisse soit le plus rapidement possible affiliée aux programmes d’échanges Erasmus+ et de recherche Horizon 2020. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) salue la volonté politique d’une affiliation rapide aux deux programmes.

Aujourd’hui 12 juin 2014, le Conseil national a adopté la motion de la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) « Erasmus plus et Horizon 2020. Eclaircir la situation des étudiants, des chercheurs, des hautes écoles et des entreprises ». Cette motion vise principalement à évaluer les conséquences de la suspension de la négociation de la participation de la Suisse aux programmes Erasmus+ et Horizon 2020, ainsi qu’à inciter le Conseil fédéral à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une affiliation rapide de la Suisse aux deux programmes européens et à atténuer les conséquences négatives de la période de non-affiliation. Pour rappel, suite à l’adoption le 9 février 2014 de l’initiative sur l’immigration de masse par le peuple suisse, la Commission européenne avait suspendu les négociations sur la participation de la Suisse aux programmes Erasmus+ et Horizon 2020. La libre circulation des personnes étant une condition fondamentale à ces deux programmes, et l’initiative allant à l’encontre de cette dernière, la Suisse n’était plus en mesure de remplir les conditions pour une adhésion complète à Erasmus+ et Horizon 2020.

L’UNES se réjouit particulièrement du vote du Conseil national, qui représente un signe fort de la reconnaissance de l’importance de l’internationalisation du paysage suisse des hautes écoles et de l’importance de la participation de la Suisse à la construction et au développement du paysage européen de l’éducation supérieure.
En plus d’une affiliation rapide à Erasmus+ et à Horozon 2020, la motion demande explicitement d’éclaircir la situation actuelle de toutes les personnes touchées par la non-affiliation. Il s’agit pour l’UNES également d’une nécessité, puisque les mesures prises à l’heure actuelle ne sont pas encore suffisantes et ont été prises un peu tard; de nombreuses personnes, étudiant-e-s, apprenti-e-s, jeunes, ont dû renoncer à un échange et les conséquences sur la suite de leur parcours sont peu connues. Une affiliation complète le plus rapidement possible doit être le but du Conseil fédéral pour l’avenir de la Suisse comme lieu de formation et de recherche.

L’UNES salue la décision du Conseil national et espère que le Conseil des Etats saura également reconnaitre la nécessité d’une affiliation rapide de la Suisse aux programmes Erasmus+ et Horizon 2020.

Ein Bekenntnis zur Bildung

Die Schweiz hat viele Baustellen in der Hochschullandschaft. Während die einen an der Verdoppelung der Studiengebühren rumwerkeln, haben einige Kantone nichts Besseres zu tun, als ein Sparpaket nach dem anderen zu verabschieden, und scheibchenweise die Universitäten finanziell auszubluten. Nicht zuletzt zeigt die erzwungene Heirat von Wissenschaft und Wirtschaft im neuen WBF-Departement eine bedenkliche gedankliche Verknüpfung in den Köpfen einiger PolitikerInnen. Bildungspolitik wird insbesondere über den Franken gemacht; Economiesuisse möchte Studiengebühren von 10‘000 Franken jährlich, der Kanton Bern scheint die Universität schliessen zu wollen um sein strukturelles Defizit zu lösen, und die Universität Zürich benennt sich vielleicht ja bald in „University of UBS“ um.

Ammenmärchen? Leider dominiert in der Schweiz die Wirtschafts- und Finanzpolitik, Studierende werden zur Kasse gebeten und Hochschulen in die Abhängigkeit von Drittmitteln gezwungen. Dabei müsste die Schweiz mal über eine Perspektive der Hochschullandschaft Schweiz sprechen, statt über Sparmöglichkeiten.

Nach der Umsetzung von „Bologna“ (einer reinen Struktur aus BA-MA-PhD und ECTS) braucht die Schweiz jetzt eine Offensive in der Lehre. Qualitätsentwicklung statt minimale Qualitätssicherung, progressive Unterrichtsmethoden, eine Verbesserung der Betreuungsverhältnisse und eine Flexibilisierung des Studiums. Nicht zuletzt wäre ein Aufbruch der feudalen Lehrstuhlstrukturen notwendig, um die Hochschulen dynamischer zu machen und so den Freiraum für Weiterentwicklung zu schaffen.

Wird das neue Hochschulförderungs- und Koordinationsgesetz (HFKG) als aktuellste Baustelle neue Bewegung in die Hochschulbildung Schweiz bringen? Die Reorganisation der (politischen) Hochschullandschaft wäre die Chance, über die Koordination der Hochschultypen und Institutionen Meilensteine für die Weiterentwicklung zu setzen und zu erreichen. Dafür braucht es aber mehr als bildungsbürokratische Reformitis, sondern ein Bekenntnis zum Bildungswesen und seiner Qualität – für alle!

Dafür muss die Schweiz aber den Bildungsföderalismus und dadurch das kleinräumige Denken aufgeben. Statt jedem zweiten kantonalen Parlament die Möglichkeit geben, über die Geschicke einer Hochschule zu entscheiden, braucht es eine gemeinsame Strategie. Denn im 2022 soll die Schweiz die Goldmedaille abholen für die besten Betreuungsverhältnisse, den Einbezug der Studierenden in der Gestaltung der Lehre, modernste Bildungstechnologien, innovative Lernmethoden und ein harmonisiertes Stipendienwesen.

Der erste Schritt dazu ist die Bildungspolitik von den FinanzpolitikerInnen und ihrer Sparwut befreien.

 

– Clau Dermont ist seit Januar 2012 Vorstandsmitglied des VSS zuständig für Hochschulpolitik. Er studiert Politikwissenschaft im Master an der Universität Bern und war vor seinem Mandat beim VSS zwei Jahre im Vorstand der StudentInnenschaft der Universität Bern.

L’UNES publie régulièrement des blogs des personnes actives et alumnis dans la langue correspondante. Les contributions représentent l’opinion de l’auteur-e.

adoptée le 1 septembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s extraordinaire de l’UNES a Zurich

Une haute école, en tant que lieu dédié à la recherche et à l’enseignement scientifique, est toujours une institution sociale. Une haute école doit être ancrée dans la société afin de jouir de la confiance et du soutien dont ont besoin la science et la formation pour s’épanouir, pour faire profiter la société de ses découvertes et afin qu’elle se développe. La société porte la responsabilité de la haute école, mais doit lui laisser la possibilité de s’organiser elle-même.

Le dogme du New Public Management, souvent cité par les pouvoirs publics en lien avec la privatisation, exige une indépendance de la haute école de façon à ce que des principes de gestion orientés vers le marché puissent être appliqués. Les hautes écoles sont considérées comme des entreprises et les recteur-trice-s se voient eux/elles-mêmes comme des PDGs[1]. La haute école s’oriente par rapport aux rankings, aux besoins de l’économie et à la valeur des étudiant-e-s sur le marché du travail, au lieu de la reconnaissance scientifique et des intérêts de la société. Des organes de gestion, disposant d’un très haut pouvoir de décision sur la haute école, sont mis en place à cette fin. Sans la garantie de la participation estudiantine et de tous les autres membres de la haute école, les décisions quant au futur et au développement de la haute école se prennent au final à huis clos par un petit groupe de représentant-e-s de la politique, de l’économie, de la société et de la culture. Ces représentant-e-s n’ont pas forcément un lien direct avec la haute école ou la science, au contraire, c’est surtout le fait qu’ils/elles n’aient aucune attache avec la haute école qui les qualifie légitimement pour ce genre de mandat.

Les hautes écoles suisses sont de plus en plus dirigées par de tels organes et selon les principes du New Public Management. Ces organes sont réputés être les plus hautes instances de décision dans les hautes écoles et décident de façon autonome sur l’organisation, la politique du personnel, le financement comme c’est le cas, par exemple, pour le Conseil de l’Université de Bâle. Ils demandent des restrictions d’accès et décident d’augmentations de taxes d’études, comme c’est le cas pour le Conseil de l‘Université de Zurich. La démocratie et la participation dans les hautes écoles se perdent au profit d’une orientation vers l’économie, la marchandisation du paysage des hautes écoles, et cette réorientation est dès lors ancrée dans les structures mêmes des institutions. On s’éloigne d’une idée d’autonomie et d’autogestion pour arriver à un système top-down qui provoque la dépendance et l’incertitude pour les hautes écoles et leurs filières.

La recherche critique et l’enseignement ont besoin d’indépendance, afin de pouvoir influencer la société sans pressions économiques et politiques. Une vraie indépendance de la science ne signifie pas pour autant que des décisions puissent être prises sans un processus démocratique incluant toutes les personnes concernées. L’énorme bénéfice d’une véritable communauté dans les hautes écoles travaillant ensemble pour garantir des formations poussées et une recherche de qualité ne peut être atteint que si toutes les personnes concernées prennent part aux processus de décisions.[2]

L’Union des étudiant-e-s de Suisse exige dès lors un renforcement de l’autonomie démocratique et participative des hautes écoles, au lieu de d’une dépendance à des facteurs externes (et surtout économiques). Nous demandons à ce que tous les membres des établissements supérieurs, notamment les étudiant-e-s, participent de façon paritaire au processus de prise de décision, et que celui-ci ne soit pas mené par des tiers, de façon non-démocratique. Nous exigeons pour les hautes écoles une vraie autonomie avec une participation de toutes les personnes concernées au lieu d’un New Public Management.


[1] Voir Antonio Loprieno, Recteur de l’université de Bâle, dans le NZZ Campus: http://www.nzz.ch/magazin/campus/studium/harmonisch-leidenschaftlich-oder-heftig_1.16428802.html

[2] Voir aussi les Perspectives 2007, publiées par l’UNES, avril 2003, Berne.

Le Conseil fédéral a décidé aujourd’hui de proposer au Parlement un projet de révision de la loi sur les aides à la formation. Le Conseil fédéral reconnaît ainsi que l’actuel système des bourses d’études, réglé sur le plan cantonal, est en chantier et rejoint l’avis de l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) selon lequel seule une harmonisation pourra contrer le fait que la situation financière représente encore un facteur prépondérant en ce qui concerne l’accès à la formation et qu’il faut promouvoir l’égalité des chances au niveau de la formation tertiaire.

En janvier 2012, l’Union des étudiant-e-s de Suisse a déposé l’initiative sur les bourses d’études avec plus de 117’000 signatures. Celle-ci vise l’harmonisation du système des bourses d’études entre autres parce que les montants octroyés par les cantons varient fortement : le canton du Jura dépense 87 francs par personne et par année, tandis que le canton de Schaffhouse ne dépense même pas le quart de cette somme soit 17 francs. Le canton de Zurich octroie en moyenne 3’800 francs à 0.3% de sa population, alors que le canton de Neuchâtel donne 1’200 francs en moyenne à 1.0 de sa population.

L’initiative sur les bourses d’études entend transférer à la Confédération la compétence sur l’octroi des aides à la formation au niveau tertiaire. Dans ce sens, elle permettra de mettre fin à cette loterie cantonale en ce qui concerne l’accès aux bourses d’études. Qu’il s’agisse d’une formation en ingénierie dans une EPF, une formation de pianiste dans la haute école spécialisée de Suisse occidentale, des études en gestion d’entreprise à l’Université de St. Gall ou d’une formation professionnelle supérieure : les personnes en formation doivent toutes être soumises aux mêmes critères et avoir les mêmes chances d’accéder à une bourse d’études afin qu’aucune personne ne doive renoncer à une formation pour des raisons financières !

La décision du Conseil fédéral a aujourd’hui renforcé l’UNES dans la voie qu’elle a ouverte. Comme l’a fait la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) précédemment avec l’ « accord intercantonal sur l’harmonisation des régimes de bourses d’études » (concordat sur les bourses d’études), le Conseil fédéral reconnaît aujourd’hui que l’action isolée dans un canton ou dans un autre ne peut être le modèle pour l’avenir. Seul un système harmonisé des bourses d’études garantit que l’accès à la formation en Suisse soit possible pour chacun indépendamment de la situation financière. « Nous voulons que la réussite de la formation ne soit plus dépendante de l’argent et que l’égalité des chances deviennent une réalité au lieu de représenter une simple formule vide de sens » commente Thomas Leibundgut du comité exécutif de l’UNES.

L’orientation que prend le contre-projet du Conseil fédéral est cependant bien moins réjouissante pour l’UNES. Maintenir les réglementations actuelles concernant les aides à la formation complétées de changements par-ci par-là sur la base des propositions du concordat sur les bourses d’études n’est pas une avancée suffisante pour les personnes concernées car le concordat comporte de graves insuffisances en l’état actuel. Ce concordat empêche une amélioration effective de la situation notamment en définissant les bourses d’études maximales sur une base insuffisante, en déclarant l’adhésion non contraignante et en mettant l’accent sur des prêts inégalitaires. L’UNES va alors s’attacher à faire coïncider harmonisation et amélioration matérielle lors de cette révision du système des aides à la formation.

L’UNES attend avec impatience la procédure de consultation sur la révision de la loi sur les aides à la formation et se réjouit d’une part du débat public à mener et, d’autre part, de la perspective d’améliorer la situation de la formation pour une majorité de la population.