Le 5 avril, les organisations d’élèves de différentes villes suisses vont appeler à des manifestations contre les coupes budgétaire dans la formation, avec le hashtag #KeLoscht, ce qui signifie
« pas envie » en suisse allemand. L’UNES soutient cette mobilisation et appelle les étudiant-e-s à prendre part aux manifestations des organisations d’élèves. Ces coupes affectent tous les niveaux de l’éducation, y compris les hautes écoles.

La Confédération et les cantons investissent toujours moins dans la formation. Durant les « dernières années, on a fait plusieurs séries de coupes budgétaires qui ont affecté le domaine de la formation. Les élèves et les étudiant-e-s du canton de Lucerne ont particulièrement été touchés : suite à la stratégie fiscale du canton, des congés forcés ont dû avoir lieu dans les lycées et dans les écoles professionnelles car il n’y avait plus assez d’argent pour assurer le fonctionnement de l’établissement. Dans les hautes écoles également, des montants à la hauteur de millions de francs ont été supprimés. Pour l’UNES, cela est inacceptable.

L’UNES salue le fait qu’une résistance interrégionale commence à se mettre en place contre ces politiques cantonales d’austérité et de coupes budgétaires. « Il est important de montrer que ces coupes et mesures d’austérité récurrentes dans la formation ne sont pas des phénomènes isolés, mais qu’elles doivent être vues dans un contexte plus large », déclare Josef Stocker, co-président de l’UNES. « Il est inadmissible que les politicien-ne-s insistent à chaque occasion sur le fait que la formation est la seule ressource de la Suisse, mais qu’ensuite, lors de débats sur le budget, ils et elles coupent sans hésiter dans l’enseignement ».

Le 5 avril, les organisations d’élèves vont unir leurs voix contre les coupes dans l’éducation :

  • à Lucerne (13h15, point de rendez-vous à l’Helvetiaplatz),
  • à Zurich (14h à la Bürkiplatz),
  • à Bâle (14h à la Barfüsserplatz),
  • à Aarau (13h15 à la Bahnhofplatz) et
  • à Genève (16h, à la Place des Volontaires ou à la Place du Mont Blanc).
  • L’UNES soutient les élèves et appelle les étudiant-es à se joindre aux protestations.

    Pour plus d’informations, merci de vous adresser à :
    Josef Stocker (all/fr), coprésident de l’UNES, +41 76 502 31 38, josef.stocker@vss-unes.ch
    Samuel Zbinden (all/angl), Coordinateur de la protestation des élèves, 079 351 60 61,vlso@bluwin.ch

    Communiqué de presse « #KeLoscht »

    Le Conseil national a traité le message FRI pour les années 2017-2020 une deuxième fois jeudi. Cette fois, il a décidé d’augmenter les moyens pour les hautes écoles et la formation professionnelle, et a ainsi éliminé ses divergences avec le Conseil des Etats. Pour l’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES), le message FRI reste insatisfaisant, tout particulièrement les contributions fédérales pour les bourses d’études, qui n’ont pas été augmentées malgré les promesses faites suite à l’initiative sur les bourses d’études.

    Le crédit-cadre pour les domaines de la formation, de la recherche et de l’innovation est simplement insuffisant, même avec les moyens supplémentaires pour les EPF, les universités, les hautes écoles spécialisées ainsi que pour les établissements de recherche d’importance nationale et pour la formation professionnelle supérieure qui ont été décidés par le Conseil des Etats en début de semaine et par le Conseil national jeudi matin. En effet, contrairement à ce que prétend le Conseil national, son projet du message FRI a pour conséquence des coupes dans le domaine des hautes écoles. Le fait que ce domaine soit de surcroît particulièrement touché par des mesures d’austérité fédérales et cantonales rend la situation encore plus difficile et instable. La formation étant notre meilleure ressource, et étant en outre économiquement favorable, il n’est que judicieux est conséquent d’y investir.

    „Le message FRI est particulièrement décevant pour les étudiant-e-s et les possibles futur-e-s étudiant-e-s qui ont besoin de soutien financier“, regrette Gabriela Lüthi, membre de l’UNES. Lors de l’initiative sur les bourses d’études, il y avait un grand consensus sur la nécessité des bourses d’études pour l’accès équitable à la formation, celles-ci étant un prérequis à cette équité. Les grandes différences cantonales en matière de bourses d’études persistent encore aujourd’hui, étant donné que huit cantons n’ont toujours pas signé le concordat intercantonal sur les bourses. Depuis cette année, seuls les cantons remplissant la majorité des points du concordat sur les bourses d’études reçoivent des subventions fédérales. Une nette augmentation des contributions serait une incitation pour tous les cantons à signer le concordat et donc à améliorer le système suisse des bourses d’études. “Il est fortement regrettable que l’importance de la formation pour toutes et pour tous selon les intérêts et les capacités ne soit pas reconnue par la majorité des élu-e-s”, conclut Gabriela Lüthi.

    Contact:
    Gabriela Lüthi

    CP Message FRI CN2

    Le Conseil des Etats a commencé la session d’automne avec des débats et des décisions sur le message FRI 2017-2020. Dans le domaine de la formation professionnelle supérieure, les EPF, les universités et les hautes écoles spécialisées, il s’est montré légèrement plus généreux que le Conseil national, mais dans l’ensemble il met à disposition peu de moyens pour l’enseignement supérieur. En outre, la majorité des conseillères et conseillers aux Etats ont voté contre l’augmentation des contributions fédérales en faveur des bourses d’études. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) critique cette décision, car elle ralentit à nouveau le processus pour un accès équitable aux études.

    Le message relatif à l’encouragement à la formation, à la recherche et à l’innovation définit le crédit-cadre de la Confédération pour l’enseignement professionnel supérieur et les hautes écoles pour une période de quatre ans. Durant la session d’été, le Conseil national a accepté la proposition du Conseil fédéral sans changement, bien que celui-ci réduise l’argent mis à disposition, malgré ce qui était prévu encore peu de mois auparavant et malgré les demandes des parties concernées. Ces économies pourraient avoir des conséquences majeures sur ce domaine déjà fortement touché par d’autres mesures d’austérité nationales et cantonales. Le Conseil des Etats a maintenant proposé de contribuer un peu plus généreusement à la formation professionnelle supérieure EPF, aux universités et aux hautes écoles spécialisées, mais a malheureusement décidé de ne pas soutenir l’accès à la formation supérieure pour des personnes venant de familles ayant de faibles moyens financiers, en augmentant les aides financières sous forme de bourses d’études.

    Depuis 2007, la Confédération contribue à hauteur de 25 millions par année aux bourses d’études cantonales, malgré une forte augmentation du nombre d’étudiant-e-s. Lors des débats autour de l’initiative sur les bourses d’études, lancée par l’UNES, une grande majorité des cantons, des parlementaires et du peuple ont reconnu et défendu l’amélioration et l’harmonisation de notre système de bourses d’études comme une nécessité. Bien que les aides à la formation soient extrêmement importantes, les systèmes cantonaux d’attribution diffèrent énormément et créent des situations d’inégalité. Avec une contribution annuelle de la Confédération plus conséquente, les efforts d’harmonisation des cantons seraient soutenus. Depuis cette année, seuls les cantons remplissant la majorité des points du concordat intercantonal sur les bourses d’études reçoivent des subventions de la Confédération. Une nette augmentation des contributions fédérales serait une incitation pour tous les cantons à signer le concordat et donc à améliorer le système suisse des bourses d’études.

    En plus des discussions sur les aides à la formation, le Conseil des Etats a tacitement accepté un changement dans la loi sur les EPF qui permet de demander aux étudiant-e-s venant de l’étranger des taxes plus hautes que pour les étudiant-e-s suisses. Cette discrimination envoie un mauvais signal à l’étranger, dans un contexte post-votations du 9 février 2014 et à l’heure où d’importants accords doivent être négociés. Sachant que les taxes d’études ne représentent qu’une petite partie du budget d’une haute école, les augmenter n’améliore donc pas nettement les finances d’une institution, mais peut par contre être un frein pour certain-e-s étudiant-e-s souhaitant suivre une formation. L’UNES défend une vision de la formation accessible à toutes et à tous, car l’accès à formation à tous les niveaux est le fondement de notre société démocratique. Des investissements dans la formation sont essentiels pour l’avenir de la Suisse, soyons à la hauteur de l’une de nos meilleures ressources.

    Contact :
    Line Magnanelli

    CP Message FRI

    Troisième réforme de l’imposition des entreprises

    Résolution sur la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III)
    Élaboré, rédigé et soumis au vote aux Délégué·e·s par le Bureau de l’UNES. Acceptée par la 166ème Assemblée des Délégué·e·s d’avril 2016 à Berne.

    Non à l’austérité!

    L’Union des étudiant-e-s de Suisse redoute que la Troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) affecte les ressources de l’Etat. Cette réforme est considérée comme critique, dans le cas où des mesures entreprises auraient des conséquences négatives sur l’éducation.

    Resolution RIE III

    Dans l’édition du 10 juin 2016 du Tages-Anzeiger, Markus Häfliger appelle à compenser le manque à gagner, qui risque de survenir dans les hautes écoles suisses suite à la décision du Conseil national, par l’augmentation des taxes d’études. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) combat fermement les augmentations des taxes d’études. L’UNES souligne l’effet négatif sur l’égalité des chances et l’accès aux études qu’une telle augmentaiton peut avoir. Au vu de la pénurie de main-d’œuvre qualifiée, il est déraisonnable d’empêcher des personnes d’étudier à cause de raisons financières. Par conséquent, l’UNES demande au Conseil des Etats de remédier à la décision du Conseil national, et d’allouer les ressources nécessaires pour assurer la qualité de l’éducation suisse et garantir le paysage de la recherche.

    Les frais d’études représentent un des obstacles spécifiques pour les jeunes issu-e-s de milieux socio-économiques moins aisés. Les coupes approuvées par le Conseil national dans le secteur de la formation, de la recherche et de l’innovation ne doivent pas servir de prétexte à une augmentation des taxes d’études. Ces augmentations seraient particulièrement graves aujourd’hui, alors que le système des bourses d’études ne suffit pas à assurer un accès équitable à la formation. « Au cours du débat sur l’initiative sur les bourses d’études, une motion a été adoptée par le Conseil national, visant à une plus grande participation fédérale dans les subventions et les prêts aux étudiant-e-s. Malheureusement, cette promesse s’est avérée nulle jeudi passé. L’augmentation des taxes d’études serait un nouveau coup porté à l’égalité des chances », explique Gabriela Lüthi, membre du comité exécutif de l’UNES.

    Les prêts ne peuvent pas garantir l’égalité des chances
    Häfliger exprime dans son commentaire qu’un accès équitable à la formation tertiaire peut être assuré par des prêts. L’expérience de la Suisse montre que cette idée n’est pas adaptée à notre pays. Le risque de dettes futures découlant des prêts dissuade de nombreux potentiel-le-s étudiant-e-s à demander des prêts. « C’est un système complètement absurde, qui est démontré de manière très impressionnante en Angleterre. Beaucoup d’étudiant-e-s terminent leurs études avec des montagnes de dette, qu’ils ou elles doivent rembourser à un stade de leur vie où ils ou elles pourraient souvent fonder une famille ou acquérir une maison », ajoute Josef Stocker, membre du comité exécutif de l’UNES.

    Les diplômé-e-s sont des professionnel-le-s précieux
    Un accès équitable à la formation est le fondement de notre société et de la démocratie. Un-e diplômé-e de la formation tertiaire est un-e professionnel-le hautement qualifié-e, dont l’économie suisse a un urgent besoin. Sans ces personnes, les entreprises suisses n’ont aucune chance d’exister et d’innover sur le marché mondial. Par conséquent, la formation supérieure ne doit pas être considérée comme un bien privé que seulement les étudiant-e-s ayant les moyens financiers nécessaires peuvent s’offrir, mais comme un bien public, devant être financé comme tel par un budget public.

    Le Conseil des Etats a la possibilité de corriger les décisions du Conseil national
    Après le Conseil national, c’est maintenant au tour du Conseil des Etats de s’engager dans le FRI, et il a l’occasion de corriger la décision du Conseil national. L’UNES appelle donc le Conseil des Etats à s’engager pour que les ressources du secteur FRI permettent à la qualité de l’éducation suisse et au paysage de la recherche d’être maintenus. L’Union demande également d’effacer du texte final de la loi sur les EPF la possibilité de tripler les taxes d’études pour les étudiant-e-s venant de l’étranger. Une inégalité de traitement entre étudiant-e-s suisses et venant de l’étranger mènerait à l’affaiblissement de l’internationalité et de l’innovation de l’éducation et la recherche dans les hautes écoles suisses.

    Contact :
    Gabriela Lüthi
    Josef Stocker

    CP Message FRI