A l’occasion de la semaine d’action contre les coupes faites dans la formation, nous aimerions à nouveau souligner que l’égalité des chances dans le domaine de la formation dans les hautes écoles n’est toujours pas atteinte. Si une personne a la possibilité d’étudier dans une haute école, c’est encore trop souvent en fonction de ses origines, de sa position sociale ou de ses moyens économiques.

C’est pourquoi l’UNES salue l’engagement des étudiant-e-s qui se sont engagé-e-s au cours de cette semaine d’action. « A nos yeux, c’est une honte que, dans un pays comme la Suisse, des étudiant-e-s soient amené-e-s à manifester pour l’accès à quelque chose qui devrait normalement aller de soi », affirme Jonas Schmidt, co-président de l’UNES.

Nous demandons aux décideurs et décideuses, qu’ils soient actifs dans le monde de la politique, dans les cantons ou dans les hautes écoles, de prendre conscience de leurs responsabilités et d’agir en fonction. Nous posons les exigences suivantes :

  • Les taxes d’études des hautes écoles suisses ne doivent pas être augmentées.
  • Les cantons doivent être contraints à harmoniser leur système de bourses.
  • L’exemption de taxes en rapport avec les moyens de chacun doit être introduite dans toutes les hautes écoles, tant que les taxes d’études ne sont pas abolies.
  • La participation estudiantine et l’implication des étudiant-e-s dans les prises de décision doivent être maintenues et renforcées.
  • La Confédération et les cantons doivent à l’avenir, en fonction de la hausse du nombre d’étudiant-e-s, mettre plus de moyens à disposition en faveur de la formation tertiaire et de la recherche.
  • Pour plus d’informations, merci de vous adresser à : Jonas Schmidt, coprésident

    L’Union des étudiant-e-s de Suisse (VSS UNES USU) fait cause commune avec la CoalitionEducation ONG, une alliance de plus de 30 organisations non gouvernementales nationales. Ces deux organisations ont décidé de collaborer à l’avenir plus étroitement dans le but de renforcer leur influence sur la politique de la formation et des hautes écoles. Dans leur déclaration commune, elles ont convenu des axes prioritaires suivants:

    Participation
    L’UNES et la CoalitionEducation ONG s’engagent en faveur de la participation estudiantine. Celle-ci doit permettre aux étudiants et à la société civile, en leur qualité de partenaires à part entière (Voir communiqué de Prague 2001 des ministres européens chargés de l’enseignement supérieur), de participer aux décisions et de façonner le paysage des hautes écoles, que ce soit sur le plan national, international, institutionnel ou facultaire. Leur préoccupation commune est de faire adopter des standards contraignants pour les universités, les écoles polytechniques fédérales, les hautes écoles spécialisées et les hautes écoles pédagogiques. Cela vaut en particulier à la fois pour la participation à tous les niveaux dans le domaine de l’assurance de la qualité et pour la création de conditions favorisant une participation estudiantine à bas seuil et indépendante des rapports socioéconomiques.

    Voir aussi les « Standards de participation estudiantine dans les Hautes Écoles Spécialisées » (www.vss-unes.ch/fh-projekt/?lang=fr ), réalisés par l’UNES avec le soutien du SEFRI.

    Développement durable
    Le développement durable dans les hautes écoles va bien au-delà de leur gestion écologique: c’est ainsi que l’enseignement et la recherche, sous l’angle du développement durable, sont aussi réexaminés de manière critique et développés en conséquence. Dans ce contexte, les initiatives estudiantines ont souvent été ressenties comme des éléments positifs, voire même identifiées comme des moteurs du changement. La CoalitionEducation ONG et l’UNES s’engagent ensemble à promouvoir une culture et une politique des hautes écoles de développement axées sur la durabilité. Pour ce faire, elles appellent de leurs voeux une professionnalisation et un accroissement significatifs des projets tels que les «Sustainable Universities» dans l’ensemble des universités, des hautes écoles spécialisées et des hautes écoles pédagogiques (Voir CoalitionEducation ONG, prise de position sur les universités durables, http://www.bildungskoalition.ch/fr/actualite/2015/03/16/universites-durables). Les questions de développement durable devraient également être intégrées dans les processus d’assurance de la qualité et d’accréditation.

    Transparence et conformité
    L’UNES et la CoalitionEducation ONG sont d’avis que la formation constitue un bien public et un droit humain. Elles estiment que l’emprise de l’économie sur l’enseignement supérieur met en péril l’indépendance de l’enseignement et de la recherche des hautes écoles. Elles exigent par conséquent, comme condition sine qua non, que l’utilisation des fonds de tiers respecte intégralement le principe de la transparence et qu’un organisme indépendant soit mandaté pour accompagner les processus liés à ces fonds (Voir VSS-UNES-USU, prise de position concernant les fonds de tiers, parution prévue en 2015).

    L’UNES et la CoalitionEducation ONG attendent des hautes écoles qu’en matière de conformité elles mettent en place et respectent les standards élevés sur le plan réglementaire et éthique (Voir CoalitionEducation ONG, prise de position «Agenda pour l’avenir SEFRI », http://www.bildungskoalition.ch/fr/actualite/2014/11/11/agenda-pour-lavenir).

    Contact:
    Oriana Schällibaum, comité de l’UNES, tél. 079 303 43 52,
    oriana.schaellibaum@vss-unes.ch
    Ueli Bernhard, direction de CoalitionEducation ONG, tél. 031 311 16 02,
    info@bildungskoalition.ch

    CP Bildungskoalition-VSS

    adoptée le 1 septembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s extraordinaire de l’UNES a Zurich

    Une haute école, en tant que lieu dédié à la recherche et à l’enseignement scientifique, est toujours une institution sociale. Une haute école doit être ancrée dans la société afin de jouir de la confiance et du soutien dont ont besoin la science et la formation pour s’épanouir, pour faire profiter la société de ses découvertes et afin qu’elle se développe. La société porte la responsabilité de la haute école, mais doit lui laisser la possibilité de s’organiser elle-même.

    Le dogme du New Public Management, souvent cité par les pouvoirs publics en lien avec la privatisation, exige une indépendance de la haute école de façon à ce que des principes de gestion orientés vers le marché puissent être appliqués. Les hautes écoles sont considérées comme des entreprises et les recteur-trice-s se voient eux/elles-mêmes comme des PDGs[1]. La haute école s’oriente par rapport aux rankings, aux besoins de l’économie et à la valeur des étudiant-e-s sur le marché du travail, au lieu de la reconnaissance scientifique et des intérêts de la société. Des organes de gestion, disposant d’un très haut pouvoir de décision sur la haute école, sont mis en place à cette fin. Sans la garantie de la participation estudiantine et de tous les autres membres de la haute école, les décisions quant au futur et au développement de la haute école se prennent au final à huis clos par un petit groupe de représentant-e-s de la politique, de l’économie, de la société et de la culture. Ces représentant-e-s n’ont pas forcément un lien direct avec la haute école ou la science, au contraire, c’est surtout le fait qu’ils/elles n’aient aucune attache avec la haute école qui les qualifie légitimement pour ce genre de mandat.

    Les hautes écoles suisses sont de plus en plus dirigées par de tels organes et selon les principes du New Public Management. Ces organes sont réputés être les plus hautes instances de décision dans les hautes écoles et décident de façon autonome sur l’organisation, la politique du personnel, le financement comme c’est le cas, par exemple, pour le Conseil de l’Université de Bâle. Ils demandent des restrictions d’accès et décident d’augmentations de taxes d’études, comme c’est le cas pour le Conseil de l‘Université de Zurich. La démocratie et la participation dans les hautes écoles se perdent au profit d’une orientation vers l’économie, la marchandisation du paysage des hautes écoles, et cette réorientation est dès lors ancrée dans les structures mêmes des institutions. On s’éloigne d’une idée d’autonomie et d’autogestion pour arriver à un système top-down qui provoque la dépendance et l’incertitude pour les hautes écoles et leurs filières.

    La recherche critique et l’enseignement ont besoin d’indépendance, afin de pouvoir influencer la société sans pressions économiques et politiques. Une vraie indépendance de la science ne signifie pas pour autant que des décisions puissent être prises sans un processus démocratique incluant toutes les personnes concernées. L’énorme bénéfice d’une véritable communauté dans les hautes écoles travaillant ensemble pour garantir des formations poussées et une recherche de qualité ne peut être atteint que si toutes les personnes concernées prennent part aux processus de décisions.[2]

    L’Union des étudiant-e-s de Suisse exige dès lors un renforcement de l’autonomie démocratique et participative des hautes écoles, au lieu de d’une dépendance à des facteurs externes (et surtout économiques). Nous demandons à ce que tous les membres des établissements supérieurs, notamment les étudiant-e-s, participent de façon paritaire au processus de prise de décision, et que celui-ci ne soit pas mené par des tiers, de façon non-démocratique. Nous exigeons pour les hautes écoles une vraie autonomie avec une participation de toutes les personnes concernées au lieu d’un New Public Management.


    [1] Voir Antonio Loprieno, Recteur de l’université de Bâle, dans le NZZ Campus: http://www.nzz.ch/magazin/campus/studium/harmonisch-leidenschaftlich-oder-heftig_1.16428802.html

    [2] Voir aussi les Perspectives 2007, publiées par l’UNES, avril 2003, Berne.

    adoptée le 1 septembre 2012 à l’assemblé des délegué-e-s extraordinaire de l’UNES a ZurichL’UNES s’attend à ce que les petits plats soient mis dans les grands afin de parvenir rapidement à la réelle promesse d’implication des étudiant-e-s et autres partis prenantes des hautes écoles dans l’assurance qualité et l’accréditation de la formation supérieure. En effet, cette promesse, mangée comme tant d’autres à la sauce bolognaise depuis longtemps, ne fait toujours pas l’objet d’une compréhension partagée et acceptée parmi les acteurs et actrices de la formation supérieure en Suisse. La thématique de l’assurance qualité dans la formation supérieure a pourtant acquis une place au soleil puisque les articles de cette pas encore en vigueur loi sur la coordination et l’encouragement dans le domaine des hautes écoles en font mention.

    Se mettre d’accord sur les buts et la portée de cette assurance de la qualité va devenir une priorité dans les discussions qui vont être menées et l’UNES invite les hautes écoles et les organes respectifs de coordination au niveau national à les mener conjointement et avec le concours des étudiant-e-s. En effet, les doublons dans les concepts et les procédures d’assurance qualité pourront être supprimés puisque les dispositions relatives aux standards seront édictées par un seul et même organe : le futur Conseil des hautes écoles, dans lequel la voix des étudiant-e-s n’a malheureusement qu’une valeur consultative. L’UNES demande que cela soit changé et que les représentant-e-s étudiant-e-s aient aussi le droit de vote. En attendant, les travaux vont se poursuivre sous différentes bannières – celle des lignes directrices de la Conférence universitaire suisse pour les Universités et Ecoles polytechniques fédérales et celle de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie en ce qui concerne les hautes écoles spécialisées – mais il y a lieu de mener des dialogues communs, de faire des efforts de coordination entre les différents types de hautes écoles et de tirer le bilan de différents processus conduits ces dernières années tout en respectant le principe de l’autonomie des hautes écoles dans la définition et l’application de leur système d’assurance de la qualité. Les expériences faites dans le domaine des accréditations de programmes, principalement au niveau des hautes écoles spécialisées, et celles des audits de la qualité, en ce qui concerne les hautes écoles universitaires, pourront servir de base au Conseil d’accréditation pour ses travaux préparatoires. L’UNES reconnaît ce dernier comme organe clé et souhaiterait que la participation des étudiant-e-s qui est ancrée dans sa composition prenne réellement au sérieux les intérêts des étudiant-e-s. De ce fait, nous nous attendons à ce que plusieurs sièges soient accordés aux représentant-e-s étudiant-e-s de l’UNES dans le futur Conseil d’accréditation afin de rendre réalisable, réaliste et effective une participation de qualité pour les étudiant-e-s ! Garantir un droit de participation approprié aux personnes relevant de l’institution constituera une condition sine qua non pour l’accréditation des institutions, tout comme la nécessité, pour elles, de promouvoir l’égalité des chances et l’égalité dans les faits entre les hommes et les femmes. L’UNES se reconnaît dans ces buts et conditions de l’assurance qualité mais pense également que du chemin reste à faire pour que la reconnaissance et la prise au sérieux de ces droits de participation soient réellement reconnus par les hautes écoles et les acteurs/-trices de la formation. Sur le plan national, l’inclusion désormais systématique d’un-e étudiant-e formé-e et membre du pool d’accréditation estudiantin dans le groupe d’expert-e-s pour la phase d’évaluation externe lors des accréditations et des audits, notre présence dans le réseau qualité des hautes écoles universitaires et notre implication à venir dans les organes de gouvernance de l’agence d’accréditation nationale constituent des grandes avancées et laissent réellement espérer l’UNES et ses sections. Dans les faits, l’UNES s’est toujours prononcée en faveur d’une réelle démocratisation des hautes écoles et de la possibilité de la codécision par les personnes relevant de l’institution qui se trouve être le moyen par excellence pour consolider la confiance des acteurs/-trices qui sont lié-e-s à la formation et à la recherche. L’assurance qualité puise également toute sa légitimité et sa raison d’être là-dedans. Nous estimons toutefois qu’il est temps de faire encore un pas de plus afin de promouvoir la participation et l’implication des acteurs/-trices concerné-e-s en particulier dans les structures de l’assurance qualité interne. Pour ce faire, il est avant tout urgent de s’accorder sur les bases de cette participation, sur la collaboration qui en résulte entre les différents groupes de membres au sein de la haute école et d’en accepter les conséquences. Cela signifie également que l’évaluation de la qualité et de son système d’assurance dans une haute école peut faire émerger des visions critiques, des opinions déviantes de la majorité mais également de nouvelles propositions et des buts d’amélioration à long terme, ce qui se trouve justement être l’objectif vers lequel doit tendre l’assurance de la qualité. Il est nécessaire de reconnaître ces conséquences ou alors il faout douter l’entier système de l’assurance de la qualité. Réduire la participation à la possibilité de s’exprimer au sujet du système d’assurance qualité n’est pas suffisant pour réaliser pleinement ce qui est entendu par « prévoir un rôle pour les étudiant-e-s et les autres parties intéressé-e-s »[1]. Pour l’UNES et ses sections, il est clair qu’une implication plus large, plus proactive, voire plus conséquente est la seule possibilité pour réellement reconnaître la participation et l’engagement des étudiant-e-s pour leur haute école. L’UNES revendique la prise au sérieux et la planification soignée de la participation des étudiant-e-s dans les audits qualité des hautes écoles universitaires à venir en particulier en laissant la possibilité aux organisations estudiantines des universités et des écoles polytechniques fédérales de collaborer activement dans l’auto-évaluation de leur institution, de prendre position sur les résultats des travaux d’auto-évaluation de leur institution et en se tenant à disposition pour un échange critique et constructif avec le groupe d’expert-e-s externes. En définitive, nous réaffirmons que la qualité de l’assurance de la qualité se mesure à la qualité de la participation !


    [1]     Standard 1.1 European Standards and Guidelines for Quality Assurance in the European Higher Education Area, ENQA, Helsinki, 2005.