Table ronde « logement étudiant »

Le premier mars 2018 des professionel-le-s du domaine « logement étudiant » ont pu partager avec des représentant-e-s étudiant-e-s sur cette problématique et proposer des solutions pour l’avenir.

L’UNES tient à rappeler à toutes les autorités compétentes qu’un logement adapté est une condition indispensable pour des études réussies.

Pour plus de précisions

Echec en vue pour le concordat sur les bourses d’études ?

L’exemple du canton de Lucerne montre que le concordat sur les bourses d’études risque d’échouer : fin juin, le gouvernement lucernois a annoncé sa volonté de couper le budget pour les bourses et les prêts de cette année, signifiant ainsi une baisse de près de 27 % des dépenses pour les aides à la formation, depuis son adhésion au concordat sur les bourses d’études. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) demande à la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique (CDIP) de renforcer les règles du concordat afin d’atteindre le but de l’harmonisation du système des bourses d’études.

Le concordat sur les bourses d’études a pour but d’harmoniser les systèmes cantonaux des bourses d’études afin de réduire les disparités arbitraires entre les cantons. Un autre objet avoué est celui d’augmenter de manière générale les dépenses pour les aides à la formation pour assurer une certaine égalité de chances dans l’éducation. Mais l’exemple de Lucerne montre que le concordat sur les bourses d’études n’atteint pas ses buts.

Le 28 juin, le conseil d’Etat de Lucerne a annoncé vouloir diminuer le poste budgétaire de l’année en cours pour les bourses et les prêts de 2 millions de francs. Pour l’année prochaine, des coupes de 1.2 millions de francs sont déjà prévues. Le budget pour les aides à la formation est amputé de plus d’un quart depuis l’adhésion du canton au concordat intercantonal ! « Déjà maintenant, le canton de Lucerne ne dépense pas suffisamment pour les bourses d’études », déclare Josef Stocker, coprésident de l’UNES. « Si le gouvernement lucernois prenait au sérieux son devoir de veiller à l’égalité des chances dans l’éducation, ce budget ne pourrait pas être diminué ainsi. »

L’exemple du canton de Lucerne montre clairement que le concordat sur les bourses d’études n’atteint pas ses buts, sans force contraignante. Ainsi, le problème principal de ce concordat est de ne pas réussir à éradiquer les inégalités de départ, en n’effaçant pas le facteur « chance »des conditions d’attribution d’une bourse. « Il y a deux ans, la CDIP a recommandé de rejeter l’initiative sur les bourses d’études de l‘UNES en évoquant le concordat sur les bourses d’études », dit Josef Stocker. « C’est pourquoi les cantons sont tenus de renforcer les règles du concordat sur les bourses d‘études afin que le but de l’harmonisation puisse encore être réalisé. »

Pour plus d’informations, merci de vous adresser à :
Line Magnanelli, Membre du comité exécutif de l’UNES
Josef Stocker, Coprésident de l’UNES



CP concordat bourses

Réfugiés dans les universités suisses

L’UNES salue la déclaration d’intention du 17.09.2015 de swissuniversities de devenir actif dans le domaine de l’admission des réfugiés dans les hautes écoles suisses. Dans ce domaine, il y a une nécessité d’agir. En plus de l’admission, il convient aussi d’éliminer d’autres barrières qui empêchent les réfugiés de continuer leur formation.

L’accès aux hautes écoles est en théorie accordé aux réfugiés et assuré de manière provisoire. Cependant, les critères d’admission sont souvent difficiles à satisfaire. L’UNES considère qu’il faut agir contre ce problème. Il faut un accès simplifié pour les personnes venant de pays en crise.

Souvent, l’admission échoue car les réfugiés ne peuvent pas prouver leur statut d’étudiant ou leurs diplômes ne sont pas reconnus par les universités suisses. Toutefois, l’admission ne constitue pas le seul obstacle. Il existe d’autres problèmes comme le manque d’informations, une méconnaissance de la langue locale ou des difficultés financières. Il faut des aides substantielles dans tous ces domaines.

Il est important de nous montrer solidaire avec les réfugiés et de contribuer à améliorer leur situation. L’UNES soutient le communiqué de swissuniversities. Les conditions d’admission relèvent de l’autonomie des hautes écoles et de leurs décideurs. Ce sont donc ses institutions qui sont compétentes pour prévoir des procédures d’admission simplifiées. Du point de vue de l’UNES, il faut aussi agir sur d’autres sources de problèmes (information, langue et soutient financier). Dans cette perspective, le devoir d’action revient à la Confédération et aux cantons. Il faut prendre des mesures immédiates et substantielles, il est temps de nous montrer solidaire. L’éducation et la formation participent à la réussite de l’intégration. Une intégration, qui est importante pour l’avenir de notre société.

Pour l’UNES,

Friedrich Stucki (de)
Sarah Burckhardt (fr)

CP Refugies

Un « contre-projet » inoffensif – OUI à l’initiative sur les bourses d’études de l’UNES !

Communiqué de presse de l’UNES du 5 juin 2014

Le Conseil des Etats a recommandé aujourd’hui le rejet de l’initiative sur les bourses d’études. En même temps, il a adopté un contre-projet indirect sans contenu qui ne permettra pas d’améliorer l’accès à la formation. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) est très déçue que le Conseil des Etats ne prenne pas au sérieux le problème de l’égalité des chances dans l’accès à la formation !

Le système des bourses d’études en Suisse est insuffisant. Seulement 8% des personnes en formation reçoivent une bourse, alors que ce taux devrait se monter à 20 %. Les différences cantonales sont importantes: l’octroi et le montant d’une bourse d’études dépendent ainsi du lieu d’habitation des parents. Ce ne sont donc pas les intérêts et les capacités d’une personne qui décident de l’accès à une formation mais le canton d’habitation et le portemonnaie de ses parents.

En 2012, l’UNES a déposé son initiative sur les bourses d’études afin d’encourager l’égalité des chances dans le domaine de la formation. Cette initiative demande une harmonisation du système des bourses d’études : d’une part, les critères d’octroi ainsi que le montant de la bourse ne doivent plus être réglés au niveau cantonal. Et d’autre part, la bourse doit permettre de couvrir un standard minimum de vie lorsque ce dernier ne peut être atteint par les moyens propres de la personnes en formation et de sa famille.

Le contre-projet indirect n’est malheureusement qu’un programme-cadre qui laisse aux cantons une marge de manœuvre trop importante dans son implémentation et entraine une harmonisation insignifiante. Lors du traitement de l’initiative et du contre-projet au Conseil des Etats aujourd’hui, le message était clair : une grande majorité de nos élu-e-s aux Etats ne veulent pas trouver de solution réelle au problème du système actuel des bourses d’études. De plus, avec la décision de supprimer le montant minimal de la bourse complète, le contre-projet n’est alors rien d’autre qu’une coquille vide. L’initiative est alors la seule solution.

Dans la même lancée, la motion du Conseil national qui accompagnait le contre-projet indirect et demandait une augmentation des subventions fédérales pour les bourses d’études a été rejetée. Mélanie Glayre, membre de la Direction de l’UNES, ajoute : « la version du contre-projet du Conseil des Etats n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan et ne constitue en aucun cas une proposition acceptable pour régler les problèmes de notre système inéquitable des bourses d’études».

L’UNES est déçue que le Conseil des Etats ne voie pas la nécessité d’un accès égal à la formation et refuse de s’engager pour la Suisse comme lieu de formation.
Parce que la formation c’est l’avenir, OUI à l’initiative sur les bourses d’études !

Des salaires justes – aussi pour les étudiant•e•s !

En Suisse, 75% des étudiant•e•s travaillent à côté de leurs études, dont une grande majorité (83%) travaillent pendant les périodes de cours. Le plus souvent, la charge de travail varie entre 30 et 50%. Ces activités sont rarement liées aux études et ne nécessitent donc pas de formation technique spécifique: près de la moitié des étudiant•e•s de premier cycle (Bachelor) signalent que leur travail n’est pas du tout lié à leurs études1. Les étudiant•e•s occupent donc des postes également occupés par des travailleurs et travailleuses non qualifié•e•s, dans la restauration ou le commerce de détail par exemple.

Les raisons pour lesquelles les étudiant•e•s exercent une activité salariée sont en grande partie économiques. Ainsi, le coût moyen de la vie pour les étudiant•e•s de 21 à 30 ans en 2009 était entre CHF 1780.- et 1990.- par mois. Pour les étudiant•e•s qui ont entre 26 et 30 ans, ces coûts sont majoritairement financés par leur emploi2. Cependant, cette estimation est calculée au plus juste; des dépenses imprévues, comme une facture de dentiste, ne sont pas incluses dans ce budget. L’UNES estime, selon les chiffres des services sociaux des hautes écoles cantonales, que le coût minimum de la vie pour les étudiant•e•s est d’environ CHF 2000.- par mois3. Beaucoup d’étudiant•e•s travaillent donc à côté de leurs études afin de pourvoir à leur propre entretien – ils et elles travaillent dans des secteurs qui comptent le plus grand nombre de personnes occupant des postes à bas salaire. Ce bas salaire n’est pas suffisant pour mener une vie décente, surtout si l’on considère la hausse du coût de la vie. De plus, pour les étudiant•e•s, les récentes augmentations des taxes d’études et la difficulté d’obtenir des bourses d’études s’ajoutent aux problèmes financiers.

Un salaire minimum de CHF 22.- par heure garantirait aux étudiant•e•s une base convenable pour subvenir à leurs besoins. Contrairement aux craintes des opposant•e•s à cette initiative, nous sommes convaincues que le salaire minimum ne conduit pas à des suppressions d’emplois, mais plutôt à l’augmentation de la sécurité économique et sociale. Cela vaut en particulier pour les secteurs tels que la restauration et le commerce de détail, où même avec un salaire équitable, une main-d’œuvre – non-étudiante et étudiante – s’avère nécessaire.

En outre, un salaire minimum combat la discrimination salariale envers les femmes. En effet, c’est surtout la population féminine qui est engagée dans les secteurs avec un faible niveau des rémunérations – les femmes représentent 67% des personnes occupant des postes à bas salaire. En plus, les premiers résultats de l’enquête sur le niveau et la structure des salaires 2012, publiés il y a deux semaines par l’office fédéral de la statistique, montrent que la différence des salaires entre femmes et hommes a augmenté : Elle est maintenant à 18.9%4. Cette différence s’explique en partie par des facteurs objectifs, comme la qualification, l’expérience professionnelle et des caractéristiques liées au poste. Pourtant, presque 40% de la différence ne sont pas explicables et donc considérés comme discriminatoires. La discrimination salariale liée au genre est aussi observée chez les étudiant-e-s et, de plus,  augmente avec le niveau de formation et de responsabilité5. L’introduction d’un salaire minimum légal n’est donc, à notre avis, pas seulement un moyen substantiel pour procurer une vie digne à tout le monde et pour prévenir une sous-enchère salariale. Il peut également être considéré comme un pas important vers l’égalité des salaires et des chances.

1Bureau fédéral de la statistique, Etudier sous Bologne. Rapport principal de l’enquête sur la situation sociale et économique des étudiant•e•s des hautes écoles suisses 2009, Neuchâtel 2010. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/publikationen.html?publicationID=4108
2Ibid.
3Union des étudiant•e•s de Suisse (UNES), Les bourses d’études en Suisse. L’analyse, la critique et les perspectives du point de vue des étudiant-e-s, Berne: a propos Verlag 2013.
4http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/news/medienmitteilungen.html?pressID=9416
5Bureau fédéral de l’égalité entre femmes et hommes BFEG, Vers l’égalité des salaires! Faits et tendances, Berne 2013. http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/03/22/publ.html?publicationID=5223

– Letizia Carigiet, Kathrin Beeler et Coralie Boulet sont respectivement co-présidentes et membre de la Commission d’Egalité de l’UNES (CodEg). Fabienne Jacomet est responsable de l’égalité au sein du Comité exécutif de l’UNES. Dans leur vie quotidienne et leur engagement pour l’égalité des genres, elles se penchent souvent sur des thèmes concernant les conditions de vie et de travail des étudiant•e•s. L’UNES publie régulièrement des blogs des personnes actives et alumnis dans la langue correspondante. Les contributions représentent l’opinion de l’auteur-e.