Communiqué de presse de l’UNES du 5 juin 2014

Le Conseil des Etats a recommandé aujourd’hui le rejet de l’initiative sur les bourses d’études. En même temps, il a adopté un contre-projet indirect sans contenu qui ne permettra pas d’améliorer l’accès à la formation. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) est très déçue que le Conseil des Etats ne prenne pas au sérieux le problème de l’égalité des chances dans l’accès à la formation !

Le système des bourses d’études en Suisse est insuffisant. Seulement 8% des personnes en formation reçoivent une bourse, alors que ce taux devrait se monter à 20 %. Les différences cantonales sont importantes: l’octroi et le montant d’une bourse d’études dépendent ainsi du lieu d’habitation des parents. Ce ne sont donc pas les intérêts et les capacités d’une personne qui décident de l’accès à une formation mais le canton d’habitation et le portemonnaie de ses parents.

En 2012, l’UNES a déposé son initiative sur les bourses d’études afin d’encourager l’égalité des chances dans le domaine de la formation. Cette initiative demande une harmonisation du système des bourses d’études : d’une part, les critères d’octroi ainsi que le montant de la bourse ne doivent plus être réglés au niveau cantonal. Et d’autre part, la bourse doit permettre de couvrir un standard minimum de vie lorsque ce dernier ne peut être atteint par les moyens propres de la personnes en formation et de sa famille.

Le contre-projet indirect n’est malheureusement qu’un programme-cadre qui laisse aux cantons une marge de manœuvre trop importante dans son implémentation et entraine une harmonisation insignifiante. Lors du traitement de l’initiative et du contre-projet au Conseil des Etats aujourd’hui, le message était clair : une grande majorité de nos élu-e-s aux Etats ne veulent pas trouver de solution réelle au problème du système actuel des bourses d’études. De plus, avec la décision de supprimer le montant minimal de la bourse complète, le contre-projet n’est alors rien d’autre qu’une coquille vide. L’initiative est alors la seule solution.

Dans la même lancée, la motion du Conseil national qui accompagnait le contre-projet indirect et demandait une augmentation des subventions fédérales pour les bourses d’études a été rejetée. Mélanie Glayre, membre de la Direction de l’UNES, ajoute : « la version du contre-projet du Conseil des Etats n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan et ne constitue en aucun cas une proposition acceptable pour régler les problèmes de notre système inéquitable des bourses d’études».

L’UNES est déçue que le Conseil des Etats ne voie pas la nécessité d’un accès égal à la formation et refuse de s’engager pour la Suisse comme lieu de formation.
Parce que la formation c’est l’avenir, OUI à l’initiative sur les bourses d’études !

Depuis aujourd’hui, l’initiative sur les bourses d’études est discutée au Conseil national. Avec elle, les étudiant-e-s ont réussi à porter dans les débats politiques une des plus grandes injustices dans le paysage suisse de la formation. Ce succès, partiel, réjouit grandement l’UNES.
Il appartient aux membres du Conseil national de faire de l’égalité des chances et d’un système développé des bourses d’études une réalité. Le futur de la Suisse comme lieu de formation est en jeu.
L’UNES fera une action devant le Palais fédéral demain matin, afin de rappeler aux parlementaires à quel point l’égalité des chances dans l’accès à la formation et un système juste des bourses d’études sont importants pour toutes et tous.

Venez nombreuses et nombreux et battez-vous avec nous pour un système juste des bourses d’études! Car la formation c’est l’avenir! Mercredi 19 mars à 7h15 devant le Palais fédéral.

Pour plus d’informations, Mélanie Glayre (078 779 84 67) et Lea Oberholzer (078 860 49 67) sont volontiers à disposition.

Initiative

Communiqué de presse de l’UNES du 1er novembre 2013

Dans sa séance d’hier, la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) a décidé d’instituer une sous-commission qui sera chargée d’élaborer un contre-projet direct à l’Initiative sur les bourses d’études. Après le projet décevant du Conseil fédéral, les chances augmentent pour qu’un contre-projet efficace soit opposé à l’Initiative sur les bourses d’études. L’UNES regrette que la CSEC-N ne soutienne pas l’Initiative sur les bourses d’études mais se réjouit que les revendications à la base de celle-ci soient prises au sérieux.

Nous pouvons saluer le fait que la CSEC-N se montre prête à prendre la responsabilité pour le système des bourses d’études en Suisse. Manifestement, elle ne pouvait tolérer plus longtemps que l’on ferme les yeux sur l’état désolant du système actuel des bourses d’études en Suisse. La sous-commission instituée a pour tâche de trouver une solution pour remédier aux défaillances du système des bourses d’études, en tenant compte des revendications de l’UNES, et, ainsi, de faire avancer la place de formation suisse.

VSS, Einreichung der stipendien

L’Initiative sur les bourses d’études revendique un système de bourses d’études égalitaire. La décision de la CSEC-N confirme bel et bien la nécessité et le bien-fondé de cette revendication. En même temps, cette décision place les membres de la sous-commission devant le grand défi de faire de l’égalité des chances une réalité dans les hautes écoles et dans la formation professionnelle supérieure. D’urgence, il faut prendre en considération le fait qu’on ne saurait remédier au partage inégalitaire des chances d’accéder et d’accomplir une formation qui existe à l’heure actuelle en Suisse, tant que les bourses d’études ne sont pas harmonisées sur le plan matériel. Lea Oberholzer, membre du comité exécutif de l’UNES en charge de cette thématique, confirme : « Nous préférons que le problème des bourses d’études soit attaqué au niveau de la Constitution et saluons donc l’intention de la commission d’élaborer un contre-projet direct. Nous voulons éviter à tout prix qu’une révision de la loi sur les contributions devienne un tigre de papier. »

L’UNES souhaite remercier les membres de la CSEC-N qui sont prêts à s’engager pour un système de bourses d’études égalitaire et appelle la sous-commission à se préoccuper sérieusement des revendications apportées par l’initiative sur les bourses d’études. Il est urgent de palier aux défaillances du système actuel et la politique doit prendre sa responsabilité au sérieux car la formation, c’est l’avenir !

Au Valais : la formation qu’aux riches !

Communiqué de presse de l’UNES du 04 octobre 2013

Le Canton du Valais prévoit une coupe de 3,5 mio de francs dans le montant alloué aux bourses d’études, et il n’est pas le seul. Ces constants débats et réductions sont inquiétants et mettent en danger la Suisse comme lieu de formation. L’accès à la formation ne devrait pas dépendre de l’origine socio-économique d’une personne, mais doit être garanti pour toutes et tous en fonction de leurs intérêts et capacités. Un paysage de la formation de qualité ne peut pas se permettre de renoncer aux compétences d’une personne qui ne peut  commencer de formation pour des raisons financières. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) s’oppose à ces coupes financières dans le domaine de la formation, qui ne font que creuser l’inégalité des chances en matière d’accès à la formation.

Le gouvernement valaisan propose au Grand Conseil, pour le budget 2014, de réduire de 19.7 mio à 16.2 mio les montants alloués aux bourses d’études, soit une coupe de 3.5 mio. Moins de personnes recevraient des bourses et les montants accordés seraient revus à la baisse. Or, les étudiant-e-s valaisan-ne-s sont souvent forcé-e-s d’effectuer leur formation hors du canton et doivent donc faire face à un coût de la vie plus élevé. Des coupures dans le domaine des bourses rendraient leur situation encore plus délicate.

Le Canton du Valais n’est pas le seul à débattre de ce genre de coupes budgétaires. Les cantons de Saint-Gall et Schaffhouse ont notamment baissé les sommes allouées aux bourses, mais pas dans cette proportion. Le Canton de Lucerne évalue en ce moment un nouveau système en deux étapes : des bourses cantonales seraient prévues, mais si elles ne couvrent pas les besoins de l’étudiant-e, il/elle aurait la possibilité de contracter un prêt auprès d’investisseurs privés. La Confédération diminue également depuis plusieurs années ses dépenses en matière de bourses d’études.

La Confédération et les Cantons  ne semblent pas être conscients des conséquences que ces coupes entraîneront. À cause de ces diminutions des bourses d’études, les personnes d’origine financière modeste auront encore moins de chances d’accéder à une formation correspondant à leurs envies et capacités.  Lea Oberholzer, membre du comité exécutif de l’UNES, est d’avis que „ce n’est pas le porte-monnaie d’une personne qui doit décider de son accès ou non à la formation, mais ses capacités“. La Suisse ne peut pas se permettre de renoncer consciemment à un tel potentiel de qualité, d’innovation et de recherche, en refusant à des personnes l’accès à la formation à cause d’un système de bourses inéquitable. La place économique suisse en serait notamment affaiblie, à long terme. Des coupes budgétaires dans le milieu de la formation rende l’avenir incertain.

Si on veut maintenir et encourager la haute qualité de la Suisse comme place de formation, un système de bourses équitable est l’unique solution.

C’est pourquoi l’UNES a déposé son Initiative sur les bourses d’études en 2012. Elle prévoit une harmonisation des systèmes de bourses: d’une part, les critères d’attribution des bourses, leurs montants et le nombre d’ayant-droits ne seraient plus définis au niveau cantonal. D’autre part, l’Initiative prvévoit qu’une bourse puisse couvrir le standard minimum de vie, en complément d’une éventuelle participation de la famille et d’une activité rémunérée.

L’UNES exige du Parlement valaisan qu’il refuse les coupes dans les montants alloués aux bourses d’études, qu’il soutienne notre système de formation et qu’il prenne ses responsabilités en matière d’égalité des chances pour l’accès à la formation.

Car la formation, c’est l’avenir!

Pour l’UNES,

Lea Oberholzer (d/f)

Membre du comité exécutif

079 860 49 67

Mélanie Glayre (f/d)

Membre du comité exécutif

078 779 84 67