Communiqué de Presse de l’UNES du 8.9.2014

Le Conseil d’Etat valaisan a décidé aujourd’hui que l’enveloppe destinée aux bourses et prêts d’études diminuera de 1,2 millions de francs suisses. L’Union des Étudiant-e-s de Suisse constate que cette coupe est antidémocratique et injuste car elle frappe les mauvaises personnes.

Cette décision intervient huit mois seulement après que le Grand Conseil ait rejeté une proposition similaire. En décembre dernier, la réduction proposée était de 3,5 millions. De plus, les critères d’attribution sont modifiés afin que moins de gens bénéficient d’une bourse.

Les étudiant-e-s du canton du Valais sont, pour la plupart, formés en dehors de leur canton. Le coût de la vie est donc souvent plus élevé. Les coupes dans les bourses et les prêts vont précariser ces étudiant-e-s dont beaucoup dépendent de ces différentes aides parce que leurs familles ne peuvent pas suffisamment les soutenir financièrement.

Que ce soit pour la formation ou le suivi des cours, en plus des difficultés liées aux filières comme en médecine et en l’ingénierie, sans parler des formations professionnelles dans les écoles techniques supérieures, cela signifie des difficultés financières. Ces facteurs sont souvent des causes de renoncement, voire d’abandon, à poursuivre des études.

Ainsi, le canton du Valais économise là où il ne faut pas. Ce sont principalement les écoles techniques et professionalisantes supérieures où le manque de bourses se ressentira le plus. Ce sont justement ces domaines dans lesquelles se forment aujourd’hui des milliers de jeunes qui constitueront demain la main-d’œuvre instruite manquant aujourd’hui.

Réduction antidémocratique

Que le Conseil d’Etat valaisan change le système d’attribution et ce par voie d’ordonnance est incompréhensible. Le parlement cantonal a rejeté récemment des changements similaires. Bien qu’elle soit moindre, la réduction décidée par le gouvernement cantonal ne tient donc pas compte de la décision du Grand Conseil. Dans un canton démocratique, cela ne peut pas arriver. Pire encore, aucune consultation sur les changements n’a été effectuée. Ainsi, il n’y a pas pu y avoir de débat public sur les graves coupures.

L’initiative des bourses d’études

En fin de compte la décision de l’État du Valais éloigne encore le canton des autres systèmes d’attribution des bourses. Cela signifie, par exemple, que la demande de bourse d’un-e Valaisan-ne étudiant la science des matériaux à l’EPF de Zurich ne sera évaluée selon les mêmes critères que celui de son homologue résidant à Berne. Cette injustice doit cesser.

L’initiative des bourses d’études de l’Unes agit là-dessus. Les mêmes règles doivent s’appliquer indépendamment du canton de résidence. Il faut donc des critères d’attribution uniformes dans tous les cantons. Cette initiative sera soumise au peuple dans le courant de l’année 2015.

Veuillez contacter la Direction de l’UNES pour plus d’information.

L’ancien Directeur de l’instruction publique du canton de Zürich demande, dans le Schweiz am Sonntag, l’instauration d’examens d’entrée dans les Universités. Cette demande se fonde sur les deux arguments suivants: d’une part, sur le taux d’abandon des études (30% des étudiant-e-s interrompent leurs études en cours de parcours), d’autre part, sur le niveau insuffisant des Maturités. Ces deux arguments sont fondés sur de fausses hypothèses.

Il est en effet répété partout que le niveau des gymnasien-ne-s ne correspond plus aux exigences des universités. Il en résulterait que les certificats de maturité ne serraient plus considérés comme des billets d’entrée pour les hautes écoles : cette considération est erronée. En effet, presque tout ceux qui ont terminé leur Gymnase et s’inscrivent à l’Université ou dans une EFP, terminent avec succès leurs études. Il n’est donc pas possible que les récipiendaires d’un certificat de maturité soient considérés comme aussi médiocres. Selon l’étude „Etudier sous Bologne“ réalisé par l’Office fédéral de la statistique, environ 30% des étudiant-e-s interrompent leurs études en cours de parcours. Les raisons évoquées dans l’étude sont les suivantes: près de la moitié d’entre eux/elles interrompent leur parcours parce que continuer les études n’a plus de sens. ; un cinquième arrête à cause de problème financier ; et seulement 18% interrompent leurs études parce qu’ils/elles ont échoué à leurs examens.

Ainsi, la plupart des étudiant-e-s interrompant leurs études, reprennent en général des études dans une autre branche qu’ils/elles terminent avec succès. Cela n’est pas surprenant. En effet, la première année à l’université est, pour beaucoup, une année décisive durant laquelle il devient clair que le contenu de la branche choisie ne correspond pas aux attentes.

Il est donc nécessaire, pour combattre ces interruptions, d’adopter une autre approche que celle proposée par Ernst Buschor. D’une part, les présentations des filières d’études et des contenus des cours doivent être améliorées de sorte que les futurs étudiant-e-s choisissent dès le début la filière leur correspondant au mieux. D’autre part, la situation sociale des étudiant-e-s doit être améliorée. En effet, la Suisse perd chaque année près de 5000 universitaires et étudiant-e-s des EFP, parce qu’ils/elles ne peuvent pas se permettre financièrement de continuer leurs études. L’amélioration du système des bourses d’études est une solution pour remédier à ce problème.

L’initiative de l’UNES pour l’harmonisation des bourses d’études en propose en effet une solution. Actuellement, les cantons sont responsables des aides financières à la formation. Les systèmes d’octroi des bourses d’études diffèrent grandement selon le canton. L’initiative souhaite que toute personne ayant besoin d’une bourse d’études soit traitée selon les mêmes règles dans toute la Suisse, et ce afin d’éviter qu’une étudiante du Valais doive arrêter ses études en sciences des matériaux parce qu’elle n’a pas reçu de bourse, alors que sa collègue neuchâteloise en a elle, reçu une.

Communiqué de presse de l’UNES du 5 juin 2014

Le Conseil des Etats a recommandé aujourd’hui le rejet de l’initiative sur les bourses d’études. En même temps, il a adopté un contre-projet indirect sans contenu qui ne permettra pas d’améliorer l’accès à la formation. L’Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) est très déçue que le Conseil des Etats ne prenne pas au sérieux le problème de l’égalité des chances dans l’accès à la formation !

Le système des bourses d’études en Suisse est insuffisant. Seulement 8% des personnes en formation reçoivent une bourse, alors que ce taux devrait se monter à 20 %. Les différences cantonales sont importantes: l’octroi et le montant d’une bourse d’études dépendent ainsi du lieu d’habitation des parents. Ce ne sont donc pas les intérêts et les capacités d’une personne qui décident de l’accès à une formation mais le canton d’habitation et le portemonnaie de ses parents.

En 2012, l’UNES a déposé son initiative sur les bourses d’études afin d’encourager l’égalité des chances dans le domaine de la formation. Cette initiative demande une harmonisation du système des bourses d’études : d’une part, les critères d’octroi ainsi que le montant de la bourse ne doivent plus être réglés au niveau cantonal. Et d’autre part, la bourse doit permettre de couvrir un standard minimum de vie lorsque ce dernier ne peut être atteint par les moyens propres de la personnes en formation et de sa famille.

Le contre-projet indirect n’est malheureusement qu’un programme-cadre qui laisse aux cantons une marge de manœuvre trop importante dans son implémentation et entraine une harmonisation insignifiante. Lors du traitement de l’initiative et du contre-projet au Conseil des Etats aujourd’hui, le message était clair : une grande majorité de nos élu-e-s aux Etats ne veulent pas trouver de solution réelle au problème du système actuel des bourses d’études. De plus, avec la décision de supprimer le montant minimal de la bourse complète, le contre-projet n’est alors rien d’autre qu’une coquille vide. L’initiative est alors la seule solution.

Dans la même lancée, la motion du Conseil national qui accompagnait le contre-projet indirect et demandait une augmentation des subventions fédérales pour les bourses d’études a été rejetée. Mélanie Glayre, membre de la Direction de l’UNES, ajoute : « la version du contre-projet du Conseil des Etats n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan et ne constitue en aucun cas une proposition acceptable pour régler les problèmes de notre système inéquitable des bourses d’études».

L’UNES est déçue que le Conseil des Etats ne voie pas la nécessité d’un accès égal à la formation et refuse de s’engager pour la Suisse comme lieu de formation.
Parce que la formation c’est l’avenir, OUI à l’initiative sur les bourses d’études !

Depuis aujourd’hui, l’initiative sur les bourses d’études est discutée au Conseil national. Avec elle, les étudiant-e-s ont réussi à porter dans les débats politiques une des plus grandes injustices dans le paysage suisse de la formation. Ce succès, partiel, réjouit grandement l’UNES.
Il appartient aux membres du Conseil national de faire de l’égalité des chances et d’un système développé des bourses d’études une réalité. Le futur de la Suisse comme lieu de formation est en jeu.
L’UNES fera une action devant le Palais fédéral demain matin, afin de rappeler aux parlementaires à quel point l’égalité des chances dans l’accès à la formation et un système juste des bourses d’études sont importants pour toutes et tous.

Venez nombreuses et nombreux et battez-vous avec nous pour un système juste des bourses d’études! Car la formation c’est l’avenir! Mercredi 19 mars à 7h15 devant le Palais fédéral.

Pour plus d’informations, Mélanie Glayre (078 779 84 67) et Lea Oberholzer (078 860 49 67) sont volontiers à disposition.

Initiative

Communiqué de presse de l’UNES du 1er novembre 2013

Dans sa séance d’hier, la Commission de la science, de l’éducation et de la culture du Conseil national (CSEC-N) a décidé d’instituer une sous-commission qui sera chargée d’élaborer un contre-projet direct à l’Initiative sur les bourses d’études. Après le projet décevant du Conseil fédéral, les chances augmentent pour qu’un contre-projet efficace soit opposé à l’Initiative sur les bourses d’études. L’UNES regrette que la CSEC-N ne soutienne pas l’Initiative sur les bourses d’études mais se réjouit que les revendications à la base de celle-ci soient prises au sérieux.

Nous pouvons saluer le fait que la CSEC-N se montre prête à prendre la responsabilité pour le système des bourses d’études en Suisse. Manifestement, elle ne pouvait tolérer plus longtemps que l’on ferme les yeux sur l’état désolant du système actuel des bourses d’études en Suisse. La sous-commission instituée a pour tâche de trouver une solution pour remédier aux défaillances du système des bourses d’études, en tenant compte des revendications de l’UNES, et, ainsi, de faire avancer la place de formation suisse.

VSS, Einreichung der stipendien

L’Initiative sur les bourses d’études revendique un système de bourses d’études égalitaire. La décision de la CSEC-N confirme bel et bien la nécessité et le bien-fondé de cette revendication. En même temps, cette décision place les membres de la sous-commission devant le grand défi de faire de l’égalité des chances une réalité dans les hautes écoles et dans la formation professionnelle supérieure. D’urgence, il faut prendre en considération le fait qu’on ne saurait remédier au partage inégalitaire des chances d’accéder et d’accomplir une formation qui existe à l’heure actuelle en Suisse, tant que les bourses d’études ne sont pas harmonisées sur le plan matériel. Lea Oberholzer, membre du comité exécutif de l’UNES en charge de cette thématique, confirme : « Nous préférons que le problème des bourses d’études soit attaqué au niveau de la Constitution et saluons donc l’intention de la commission d’élaborer un contre-projet direct. Nous voulons éviter à tout prix qu’une révision de la loi sur les contributions devienne un tigre de papier. »

L’UNES souhaite remercier les membres de la CSEC-N qui sont prêts à s’engager pour un système de bourses d’études égalitaire et appelle la sous-commission à se préoccuper sérieusement des revendications apportées par l’initiative sur les bourses d’études. Il est urgent de palier aux défaillances du système actuel et la politique doit prendre sa responsabilité au sérieux car la formation, c’est l’avenir !